Résumé

A. Ollivier Chefs-d'oeuvre d'éloquence sacrée… (1867)

Car ce n'est pas la conception qui lui manque, il est dans la pleine lucidité de son entendement. Ce n'est pas même la vérité, car la vérité de l'univers n'est rien. Ce qui lui manque, c'est de croire et d'être ému, c'est de voir Dieu derrière les choses, et de sentir sous le vêtement qui nous le cache l'onction de sa beauté. Il ne la sent pas. Au contraire de ce vivant qui était attaché à un mort, c'est lui qui est le cadavre. Il transporte sa misère à la vie qui l'étreint, et les palpitations de la réalité ne sont plus pour lui que le son d'une horloge qui lui mesure son agonie.
Source : Gallica

A. Ollivier Chefs-d'oeuvre d'éloquence sacrée… (1867)

Eh bien! le sens dépravé a eu des prêtres; il a eu des prêtres chargés d'exercer, comme un ministère de sainteté, cet effroyable ministère de la dépravation.
Que dis-je? des prêtres! il a eu des temples! Des temples!
mon Dieu ! Quand l'homme est fatigué, quand il est las du jour et n'en peut plus de la vie, il se met en chemin, il va frapper à la porte d'un temple ; il tombe à genoux, il prie, il monte vers Dieu dans ces murailles qui en sont la demeure ; son âme y respire l'espérance et le parfum d'une vie meilleure : voilà
le temple.
Source : Gallica

A. Ollivier Chefs-d'oeuvre d'éloquence sacrée… (1867)

La passion dans l'homme est le glaive de l'amour, et celui qui voudrait le lui ravir à cause des maux dont il est l'instrument, serait semblable à l'infortuné qui voudrait briser la lyre d'Homère parce qu'Homère a chanté les faux dieux. Ah ! ne brisez pas la lyre ! prenez-la des mains du poëte aveugle, et chantez sur elle le nom, les bienfaits et la gloire du Dieu visible. Chantez, la terre vous écoute et le ciel vous répond ; car la lyre d'Homère est aussi la lyre de David, et la passion qui tue l'homme a sauvé le monde au Calvaire.
Source : Gallica

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