Thalès Bernard

Élements biographiques

Thalès Bernard,  Mélodies pastorales

“ Mais voilà tout à coup la forêt qui murmure,
Voici le lac ridé qui s’élève en fureur,
Voici la lune aussi, dans l’atmosphère pure.
Montrant son disque énorme à la rouge lueur !
Et l’enfant effrayé, dans sa barque rapide,
Retourne à la cabane où sa mère l’attend ;
Dans le sein maternel, il se cache timide :
« Qu’as-tu, mon fils chéri, pourquoi trembler autant ? »
« Mère, le lac d’argent a bouillonné de rage,
» La sinistre forêt, en grondant, m’a fait peur ;
» La lune m’a montré son lugubre visage,
» Parce que j’ai cueilli sur la vague une fleur ! »
Félicité.
”
Source : Wikisource

Thalès Bernard,  Poésies mystiques, par Thalès Bernard (1858)

“ LE MOINE.
J'ai choisi pour demeure un cloître solitaire Où l'on n'entend plus rien des rumeurs de la terre, Où, calme, de son Dieu l'âme peut s'occuper, Sans rien pour la séduire et rien pour la tromper. L'éternelle nature est mauvaise et haineuse ; L'esprit est entraîné dans l'abîme qu'il creuse, Quand, cherchant la raison des lugubres hivers, Il voit partout le mal accabler l'univers.
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Détournant mes regards de ce monde insensible, J'ai trouvé dans l'église un abri plus paisible; Et, quand les chants pieux retentissent au choeur, Une ineffable paix rayonne dans mon coeur. Salut!
”
Source : Gallica

Thalès Bernard,  Mélodies pastorales

“ Ainsi, toi qui, passant à l’entour du vieux porche,
Et regardant l’image aux reflets de sa torche,
Disais, en sifflotant un air voltairien,
Que, pour convertir l’âme, une image n’est rien,
Sache que sous ce front aux paupières baissées,
Il s’agite sans cesse un monde de pensées,
Et celle que tu crois un marbre inanimé,
Pour toi ressent son cœur d’angoisses consumé,
Car, si hideux sois-tu, tu possèdes une âme,
Comme saint Augustin, tu naquis d’une femme,
Et c’est aussi pour toi, sépulcre sans flambeau,
Que le Christ s’est couché dans la nuit du tombeau.
”
Source : Wikisource

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