Résumé

Thalès Bernard Poésies mystiques, par Thalès Bernard (1858)

Le monde de l'esprit, plus fascinant encore, De mystiques couleurs, comme elle se décore, Comme elle, prend sa force à l'immense infini; Et même je ne sais, ô forêts murmurantes, Si vous valez notre âme, où des voix déchirantes Pleurent sur la blonde Eve et sur l'homme banni;
Mais pourquoi demander lequel des deux l'emporte ? Depuis que de l'Éden l'ange garde la porte, Nous subissons la loi faite pour les pervers : L'un, scrutant l'idéal au fond de la nature, L'autre, niant la vie à toute créature, Et cherchant à construire un fictif univers.
Source : Gallica

Thalès Bernard Poésies mystiques, par Thalès Bernard (1858)

En vain, pour me guérir, j'ai sondé la science,
Elle a parlé beaucoup sans me répondre rien;
Mais mon coeur cependant n'a plus son ignorance.
L'esprit de l'univers sollicite le mien.
Fiévreux, j'ai pénétré dans la philosophie,
Les travaux des penseurs longtemps m'ont fait songer ;
Mais perfides ils sont, malheur à qui s'y fie,
Car la raison est faible et ne sait rien juger.
Elle élève pour nous un magique édifice,
Qui passe sous nos yeux comme un rêve flottant;
Mais bientôt il s'efface, et l'esprit au supplice
Se courbe, torturé, sur le mot qu'il attend.
Source : Gallica

Thalès Bernard Poésies mystiques, par Thalès Bernard (1858)

J'ai créé dans mon coeur la tristesse nouvelle
Qui touche plus d'une âme et la fait soupirer;
Car l'ange des beaux jours, en rouvrant sa blonde aile,
M'a jeté pour adieu : « Combien tu vas pleurer ! »
Ma vie est un désert où j'aperçois les ombres De ceux qui ne sont plus, flotter sans me parler ; Mon soleil s'est voilé sous des nuages sombres, Des larmes dans mes yeux ne cessent de rouler.
L'amour m'a laissé seul au milieu des clairières Où, joyeux, j'entendais frissonner mes vingt ans; La vieillesse implacable est sourde à mes prières : Tu ne reviendras plus, ô fleur de mon printemps !
Source : Gallica

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