Résumé

Claude Boyer Porus ou la Générosité d’Alexandre

ARGIRE, PORUS, ARSACIDE, ORAXÈNE.
ARGIRE.
Ne lui refuse rien, fais ce qu’elle t’inspire ;
La cruelle qu’elle est a soif du sang d’Argire ;
Je viens pour te l’offrir, Seigneur, que tardes-tu
Déjà de cette main je l’aurais répandu ;
Si ne te pouvant montrer mon innocence,
Je ne t’avais voulu réserver ta vengeance.
PORUS.
Va mon honneur la veut devoir à mes efforts ;
Et non pas à l’effet de tes lâches remords ;
Si tu veux m’obliger, songe à te mieux défendre
Appelle à ton secours la valeur d’Alexandre,
Je la veux égorger à ses yeux dans ses bras
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Claude Boyer Porus ou la Générosité d’Alexandre

De tous les deux, Seigneur, je vous demande grâce,
Souffrez qu’avec mes pleurs mon amour les efface.
PORUS.
Ah ! Reine Ce n’est pas comme il me faut punir :
Mais tu laisses le soin à mon ressouvenir.
Il te servira bien, et vous Roi magnanime
Perdez un criminel.
ALEXANDRE.
Ne parlons plus de crime.
Vous n’avez rien commis qui mérite ce nom
Si l’amour n’en est un, indigne de pardon.
PORUS.
Mon cour en juge mieux que ne fait ta clémence.
Et je n’ai pas dessein de frustrer ta vengeance,
La mienne te regarde, et je laisse à ton choix
De venger hautement la Majesté des Rois.
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Claude Boyer Porus ou la Générosité d’Alexandre

ARGIRE.
Ô Dieux fut-il jamais Reine plus malheureuse !
CLAIRANCE.
Sa générosité va finir vos ennuis.
ARGIRE.
Ah ! Que tu juges mal de l’état où je suis !
Que l’offre qu’il me fait est peu digne d’envie !
Sui d’un plus grand malheur cette grâce est suivie ;
Et s’il faut que ce cour en cette extrémité
De même que ses fers craigne la liberté.
Vois quel est de mon sort le bizarre caprice :
Le comble de mes voux fait mon plus grand supplice.
Je trouve un ennemi si je cherche un époux.
Si je fuis mon vainqueur ; c’est pour suivre un jaloux.
Profitons toutefois des faveurs d’Alexandre
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