Résumé

Nicolas Pradon Statira tragédie par Mr Pradon

LÉONATUS.
Venez, venez, Seigneur, secourir la Princesse.
PERDICCAS, à Roxane.
Madame, vous savez jusqu'où va ma tendresse, [1310]
Retenez...
ROXANE.
Perdiccas, ton coeur va te trahir,
Je ne sais plus aimer, je ne sais que haïr ;
Pour éteindre une ardeur à nos desseins fatale,
Je te rends ton rival, donne-moi ma rivale.
PERDICCAS.
Si votre coeur, Madame, en ce funeste jour [1315]
A de la haine, hélas ! Le mien a de l'amour,
Jusqu'au dernier soupir je défendrai sa vie.
LÉONATUS.
Vous êtes généreux, et je vous la confie,
C'est assez qu'un rival lui donne du secours.
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Nicolas Pradon Statira tragédie par Mr Pradon

Léonatus, un mot lui peut sauver la vie.
STATIRA.
Votre refus dût-il me coûter le trépas,
Ce mot qui m'est si cher, ne le prononcez pas.
LÉONATUS.
à Statira.
Je crains votre tendresse autant que sa vengeance, [1285]
à Roxane.
Ce n'est point Statira, c'est moi qui vous offense ;
Ah ! Madame, arrêtez, et détournez sur moi
Ces regards menaçants qui me glacent d'effroi ;
Le Ciel nous est témoin que tantôt elle-même,
En renonçant pour vous à ma tendresse extrême, [1290]
Elle a voulu... mais quoi, mon amour m'a trahi.
ROXANE.
Et pourquoi votre coeur n'a-t-il pas obéi ?
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Nicolas Pradon Statira tragédie par Mr Pradon

Je vous l'offre... Mais Dieux ! Je vois qu'on me méprise,
Que de Léonatus votre âme est trop éprise,
Il n'en faut plus douter, mon rival est heureux,
J'ai gémi trop longtemps, et j'ai trop fait de voeux, [780]
Je connais votre amour par votre jalousie,
Madame, cet amour lui peut coûter la vie,
Il est entre nos mains ce rival fortuné,
Voyez à quels malheurs il sera destiné,
Il y va d'un Empire, il y va de vous-même, [785]
Je suis le malheureux, on me méprise, on l'aime ;
Mais si vous dédaignez mes soupirs et ma foi,
Je puis ensevelir mon rival avec moi.
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