Nicolas Pradon

Élements biographiques

Nicolas Pradon,  Phèdre et Hippolyte

“ Que mon Père me parle aussi bien que ma gloire, [390]
Je l’entends près de Phèdre, et lorsque je vous vois,
L’amour parle, et mon cœur n’écoute que sa voix.
Aricie
Ah ! Seigneur, craignons Phèdre, et je n’ose vous dire
Son pouvoir, ses desseins, son amour, j’en soupire,
Elle est belle, elle règne, et peut unir son sort... [395]
Que feriez-vous, Seigneur, si Thésée était mort ?
Hippolyte
Je vous couronnerais, Madame, dans Trézène,
Aux yeux de Phèdre même.
Aricie
Ah ! redoutez sa haine,
Je connais sa fureur, il faut la ménager,
Un amour offensé peut-il pas se venger ?
”
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Nicolas Pradon,  Statira tragédie par Mr Pradon

“ LÉONATUS.
Venez, venez, Seigneur, secourir la Princesse.
PERDICCAS, à Roxane.
Madame, vous savez jusqu'où va ma tendresse, [1310]
Retenez...
ROXANE.
Perdiccas, ton coeur va te trahir,
Je ne sais plus aimer, je ne sais que haïr ;
Pour éteindre une ardeur à nos desseins fatale,
Je te rends ton rival, donne-moi ma rivale.
PERDICCAS.
Si votre coeur, Madame, en ce funeste jour [1315]
A de la haine, hélas ! Le mien a de l'amour,
Jusqu'au dernier soupir je défendrai sa vie.
LÉONATUS.
Vous êtes généreux, et je vous la confie,
C'est assez qu'un rival lui donne du secours.
”
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Nicolas Pradon,  Statira tragédie par Mr Pradon

“ Léonatus, un mot lui peut sauver la vie.
STATIRA.
Votre refus dût-il me coûter le trépas,
Ce mot qui m'est si cher, ne le prononcez pas.
LÉONATUS.
à Statira.
Je crains votre tendresse autant que sa vengeance, [1285]
à Roxane.
Ce n'est point Statira, c'est moi qui vous offense ;
Ah ! Madame, arrêtez, et détournez sur moi
Ces regards menaçants qui me glacent d'effroi ;
Le Ciel nous est témoin que tantôt elle-même,
En renonçant pour vous à ma tendresse extrême, [1290]
Elle a voulu... mais quoi, mon amour m'a trahi.
ROXANE.
Et pourquoi votre coeur n'a-t-il pas obéi ?
”
Source : Wikisource

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