Résumé

Charles de Beys Céline ou les frères rivaux tragi-comédie

Céline. Au moins si mon amour mérite cet outrage,
Tu ne te défends pas d'honorer mon courage.
Lisanor. Ton courage t'a fait mépriser ton honneur.
Céline. Enfin si je ne puis lui devoir mon bonheur,
Si ta témérité ma constance méprise,
Que la peur du trépas rompe ton entreprise.
Maintenant tes discours sont faux ou superflus ;
Notre plus grand malheur c'est de ne vivre plus.
Lisanor. Quand après le tombeau la gloire nous doit suivre,
C'est un plus grand bonheur de mourir que de vivre ;
Ce trépas qui nous vient d'un sujet glorieux,
Nous doit rendre immortels aussi bien que les Dieux.
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Charles de Beys Céline ou les frères rivaux tragi-comédie

Je l'appelle mon cœur, et mon tout et ma Reine,
En blâmant sa rigueur, je lui conte ma peine.
Mais l'inhumaine feint que ma soumission
Vient plutôt du mépris que de l'affection ;
Si je dis le pouvoir que ma grandeur me donne,
Si je conte les biens qui suivent ma couronne,
En m'estimant plus grand, elle me tient suspect,
Et les yeux abaissez témoigne du respect.
Amour, auprès de toi les rois n'ont rien d'auguste,
Nous sommes impuissants quand tu veux être injuste,
Tu nous fais préférer des ténèbres au jour,
Une houlette au Sceptre, et des bois à la Cour ?
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Charles de Beys Céline ou les frères rivaux tragi-comédie

Il n'aurait à mes yeux que son sceptre de beau,
Et je fuirais plutôt son lit que mon tombeau ;
Mais, Dieux ! de quels plaisirs ne voit on point comblées,
Deux âmes que l'amour a lui même assemblées ?
Quel sceptre est comparable au bien de deux amants ;
Son poids est importun, leurs plaisirs sont charmants.
Agante. Ah ! si c'était un roi !
Caliste. Mon cœur lui sert de trône,
Et ses lauriers acquis lui servent de couronne.
Agante. Que vous estes subtile à tromper la raison !
Caliste. Mais que vous êtes faible à rompre ma prison !
Agante. Je blâme votre amour d'autant que je vous aime.
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