Résumé

Pierre Du Ryer Les Vendanges de Suresnes comédie

Tirsis
Un petit mal de coeur, mais j'en suis allégé.
Est-elle à ton amour favorable ou cruelle ?
Polidor
Je serais indiscret si je me plaignais d'elle.
Tirsis
T'aime-t-elle ?
Polidor
Ha Tirsis ! Jusqu'à ce triste jour
Ma timidité seule a caché mon amour.
J'ose lui dire tout, excepté que je l'aime :
Mais plus mon feu se cache et plus il est extrême,
Et lorsqu'il entretient ma secrète douleur,
Bien qu'il soit sans éclat il n'est pas sans chaleur.
Peut-être, cher Ami, qu'en aimant Dorimène
Il ne tient qu'à parler pour alourdir ma peine.
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Pierre Du Ryer Les Vendanges de Suresnes comédie

Ne crains rien Polidor ; quoi que Tirsis espère,
J'écoute ton Amour et suis sourde à mon père.
Et devant que mon coeur brûle d'un feu nouveau
La vigne au lieu de vin nous donnera de l'eau.
Mais après les rigueurs d'une peine infinie
Sache que j'ai gagné l'amitié d'Olénie,
Et que même son coeur ouvert à nos travaux
Nous promet plus de bien que nous n'avons de maux.
Si tu veux aujourd'hui nous nous verrons chez elle
Malgré les volontés d'une mère cruelle,
Là pour un peu de temps affranchis de langueurs
Nous ferons voir l'Amour qui se cache en nos coeurs.
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Pierre Du Ryer Les Vendanges de Suresnes comédie

Que ce qui plaît à l'oeil ne déplaît pas à l'âme ;
Polidor à mes yeux s'est montré si parfait
Que mon coeur en ressent le merveilleux effet.
C'est à lui seulement que toutes mes pensées,
Comme au bien que j'attends sont toujours adressées :
C'est pour lui que l'amour a changé mes humeurs,
C'est pour lui que je vis, c'est pour lui que je meurs,
Partout où me conduit ma fortune amoureuse
Si je ne pense à lui je ne suis pas heureuse,
Et j'ai beaucoup de peine à croire que les Cieux
Donnent de plus grands biens que j'en trouve en ses yeux.
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