Jules Fournier

Jules Fournier

Résumé

Portrait de Jules Fournier Jules Fournier Mon encrier, Tome 1

Tout le monde sait que M. Bourassa, aujourd’hui, n’hésite aucunement à condamner l’intervention armée du Canada dans le grand conflit : non-seulement, en effet, nous n’avions pas, selon lui, le devoir d’intervenir, mais encore il va jusqu’à nier, et de la façon la plus absolue, que nous en eussions le droit. C’est un point sur lequel il est on ne peut plus affirmatif :
Dans l’état actuel du droit colonial et des situations acquises, nulle « autorité légitime » n’a le droit de mettre le Canada en guerre, sauf pour la défense de son territoire...
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Portrait de Jules Fournier Jules Fournier Mon encrier, Tome 1

LE MÉDECIN MALGRÉ MOI [1] Le docteur R*** était en ce temps-là médecin de la prison de Québec. Il est mort depuis ; Dieu ait son âme !
À l’époque dont je parle, il n’avait pas moins de soixante-dix ans bien comptés. Il était sourd comme plusieurs pots et, malgré un cornet acoustique plus gros que sa tête, ne comprenait jamais un traître mot de tout ce qu’on lui disait.
Il restait aux détenus, pour communiquer avec lui, la suprême ressource de lui exposer par écrit leurs besoins. Mais encore cela n’était pas toujours facile. Jamais je n’ai tant regretté, quant à moi, de n’avoir pas de style.
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Portrait de Jules Fournier Jules Fournier Mon encrier, Tome 1

Mais non : pour prouver par le temps qui court ses sentiments français ce n’est rien, selon vous, que de proclamer la grandeur unique de la France et son immense supériorité sur toutes ses rivales y compris l’Allemagne : ce qui s’impose avant tout, c’est de rabaisser celle-ci, intellectuellement, au niveau d’un pays, disons, comme l’Angleterre. Ce n’est rien que de croire à l’héroïsme de ses soldats et à la justice de leur cause : ce qui surtout importe, c’est de croire sans examen à l’innommable, à la diabolique sauvagerie des troupes allemandes.
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