Résumé

P. Grimblot Revue des Deux Mondes

Lorsque les Anglais s’étaient emparés du Canada, les familles riches et éclairées avaient abandonné la colonie, il n’y était resté que les paysans et le bas clergé, qui acquit sur ces masses ignorantes un ascendant qu’il a conservé jusqu’à nos jours. La population française du Canada avait donc à se former elle-même. Encore trop inexpérimentée en 1791 pour pouvoir apprécier les avantages des droits politiques, elle ne vit d’abord que d’un œil indifférent les institutions que lui donnait l’Angleterre.
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Je sais, disait Thomas Townshend, un des hommes d’état les plus considérés de son temps, que l’opinion dominante ici est que ce que nous avons de mieux à faire à l’égard du Canada, c’est d’en faire une colonie française, d’en éloigner les Anglais autant que possible, et de les empêcher de se mêler aux Canadiens. Ce pays, dit-on, a la religion qui lui convient, les lois qui lui conviennent ; qu’il soit gouverné comme il l’était avant qu’il nous appartînt.
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Suivant lui, le bill ne donnait aux Canadiens que le fantôme des institutions libérales de la métropole. « Il faut, disait-il, conserver le Canada à l’Angleterre par la libre volonté de ses habitans. Pour y arriver sûrement, il faut faire en sorte que les Canadiens reconnaissent que leur situation n’est pas inférieure à celle de leurs voisins ; il faut qu’ils n’aient rien à envier à aucune partie de notre gouvernement. Cela ne serait pas si le bill était adopté, puisqu’il leur donnerait l’apparence d’une constitution, tout en leur en refusant la substance. »
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