Berthe de Puybusque

Résumé

Berthe de Puybusque L’Arme du fou

Fanchette s’assit sur une chaise basse, non loin du lit, et contempla Marie en silence. Marie lui sourit d’un petit sourire si tendre, mais si découragé, si détaché de tout, avec ses lèvres blanches aux coins déprimés, que Marie étouffa ses larmes qui montaient :
— Qu’a-t-elle, Madame ?
— Je vous l’ai dit, elle a un peu de fièvre. Taisez-vous.
Ainsi se poursuivit la visite silencieuse de Fanchette. Pas un mot ; le pétillement du bois qui brûlait dans la cheminée, la plainte du vent d’hiver et le bruit de la pluie, une pluie triste, qui durait depuis deux jours
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Berthe de Puybusque L’Arme du fou

Et, comme figée elle-même, elle s’oubliait dans une sorte de prostration qui n’était plus la prière, qui n’était pas même l’entretient avec les âmes des absents, mais seulement l’annihilation de son être, une espèce de mort anticipée et partielle dans laquelle sa personnalité semblait s’abolir pour faire d’elle une pauvre chose inconsciente, sans souffrance et sans volonté.
Madeleine, inquiète, dut l’emmener ; elle la suivit, passive, et, tout le jour durant, garda cette attitude effacée, et, sans larmes, continua à vivre de cette vie machinale, d’où l’âme paraît absente.
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Berthe de Puybusque L’Arme du fou

Oh ! la douleur de se déprendre des grands arbres, aux choses où se sont reposés nos yeux, aux graviers qu’ont foulés nos pieds. Oh ! la séparation d’avec les êtres chers, les cœurs familiers, amis ; le vertige de s’en aller dans l’ombre, dans le froid de l’ombre, de l’inconnu !
Toutes ces amertumes noyèrent le cœur de Marie, le cœur très tendre qu’elle cachait sous son caractère sans ressort, quand son oncle, d’un geste nerveux et hâté, ouvrit devant elle la portière et s’effaça pour la laisser monter :
— Adieu ! Fanchette, adieu ! Madeleine, adieu tous, au revoir, à l’été prochain !
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