Céline Malraison de Rulins

Résumé

Céline Malraison de Rulins La politique et le coeur (1881)

Tout à coup un bruit si éloigné, si léger qu'il n'était presque rien, vint du côté de Lucerne.
L'oreille américaine de Suzanne ne s'y trompa point.
— Entendez-vous, dit-elle, en se levant brusquement, entendez-vous. C'est le son des clochettes que les mulets portent au cou lorsqu'ils doivent gravir la montagne, ordinairement ils ne sortent pas à cette heure, c'est du secours qui nous arrive. Oh! je le sens en mon âme, ma mère
vit encore, elle vit, vous dis-je, et c'est, croyez-le bien, elle qui vient à nous.
Source : Gallica

Céline Malraison de Rulins La politique et le coeur (1881)

Ce que nous réclamons, c'est la chose la plus humaine, la plus morale qui soit au monde : le divorce.
- Vous vous êtes mal expliqué, monsieur, ou j'ai mal compris. Comment parlez-vous du divorce ?
— J'en parle comme d'une réforme, comme d'un bienfait, reprit tout naturellement Henri.
Vous, Madame, citoyenne de Lucerne, cela ne doit point vous étonner, et d'ailleurs, depuis que le monde est monde, cette loi comme tant d'autres, si elle a été parfois abolie pendant la longue suite des siècles, a toujours reparu et je l'espère bien reparaîtra encore.
Source : Gallica

Céline Malraison de Rulins La politique et le coeur (1881)

Cette chère enfant est bien loin maintenant de la catalepsie.
C'est aujourd'hui une erreur de lui cacher des faits qu'on ne pourra pas lui laisser ignorer toujours.
Et tandis que le jeune homme se révoltait
contre un sage conseil donné au nom de la science, Suzanne, prise d'une émotion qu'elle dissimulait néanmoins, se disait : — Il me semble que, moi aussi, j'ai rêvé. Je me rappelle avoir vu, comme à travers les brumes du matin, la campagne bouleversée, l'isolement se faire autour de moi, un homme me secourir; puis la nuit, nuit étrange, pleine de parfums, et de chants.
Source : Gallica

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