Valéry Vernier

Résumé

Valéry Vernier Un sphinx du demi-monde (1886)

Voyons , rendez -moi Mariette ! reprit Ludovic avec plus de violence .
– De quel droit me la demandez -vous ?
Malheureuse Suzanne ! quelle foudroyante tirade elle s' attirait sans y songer !
– De quel droit , demandez -vous ? Du droit d' un amour pur que vous avez raillé et rejeté , que j' ai reporté tout entier sur elle ! Oui , je l' aime autant que je vous déteste ; je l' estime autant que je vous méprise . Je me suis constitué son gardien et son défenseur . Je ne veux pas que vous lui appreniez votre infâme métier de duper les hommes .
Source : Gallica

Valéry Vernier Un sphinx du demi-monde (1886)

Il est vrai qu' elle le regardait de temps en temps avec attendrissement , reconnaissance et respect . Mais ce n' était plus là du tout l' affaire du sportsman . Il ne voulait plus le moins du monde être un vieillard , et Gœthe lui semblait un malheureux paralytique , méprisable et ridicule avec ses cheveux blancs et ses prétentions amoureuses .
Léo était déjà jaloux , mais jaloux comme un tigre . A aucun prix il n' entendait souffrir que Mariette parût ainsi aux yeux des invités de Suzanne , des derviches tourneurs qu' on entendait toujours piétiner avec rage dans le salon .
Source : Gallica

Valéry Vernier Un sphinx du demi-monde (1886)

Suzanne , ayant regardé la toile , poussa un petit cri de surprise . Elle crut qu' elle venait de se regarder dans une glace , tant le portrait lui ressemblait .
– C' était ma fille , dit le vieux peintre . Je l' ai perdue . Je n' aimais qu' elle au monde . Je suis seul maintenant avec mon chagrin . Comprenez -vous , à présent ?
– Oui , monsieur , répondit Suzanne toute bouleversée en voyant l' inconnu , qui s' était laissé tomber dans un fauteuil , pleurer de grosses larmes . Elle n' aurait pas cru que des pleurs si abondants pussent tomber des yeux d' un vieillard .
Source : Gallica

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