Emmeline Raymond

Résumé

Emmeline Raymond Autobiographie d'une inconnue (1868)

A la pensée qu'il existait un homme dont l'épée avait été plongée dans la poitrine de mon père, que cet homme avait tranché d'un seul coup et cette vie et notre bonheur, je me sentais saisie de transports de rage. Je le répète, ces sentiments naturels étaient entachés d'égoïsme, et, par cela seul, répréhensibles. Il n'y a de respectable que les douleurs capables de s'oublier elles-mêmes, tant qu'il reste un dévouement à exercer.
Quand le pansement fut fait, ma mère leva ses yeux suppliants vers le vieux chirurgien qui rajustait son habit.
Source : Gallica

Emmeline Raymond Autobiographie d'une inconnue (1868)

Quand huit jours se passaient sans avoir reçu là visite de ses voisines, Mme Aristchikof s'assombrissait; elle pleurait fréquemment, elle me répétait qu'elle n'avait d'autre consolation en ce monde que mon affection; elle m'affirmait qu'elle m'aimait tendrement ; peut-être même disait-elle vrai en ce moment. On peut tout attendre, tout croire, tout craindre de ces caractères uniquement soumis à la sensation, et étrangers aux sentiments ; tout leur est possible, le bien comme le mal, la grandeur comme la bassesse, la prodigalité comme la parcimonie, la sincérité comme la duplicité
Source : Gallica

Emmeline Raymond Autobiographie d'une inconnue (1868)

Quand un si grand nombre de grandes personnes sont enfants sur ce point, on ne saurait s'étonner qu'une enfant n'ait pas eu des idées morales assez nettes et assez justes, un jugement assez droit, un esprit assez bien équilibré pour comprendre que l'estime d'autrui s'acquiert, non par les beaux vêtements, ni parles apparences, ni même par les réalités du luxe, mais seulement par l'élévation du caractère, de l'intelligence, en un mot, par la valeur personnelle que l'on possède.
Source : Gallica

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