Émile Bosquet

Résumé

Émile Bosquet Trois Prétendants (1874)

«Voilà la jeune fille pour laquelle deux hommes se sont battus, » et c'est comme si l'on disait : « Voilà la jeune fille qui a manqué à la prudence et à la modestie de son sexe; » mais que serait-ce, hélas! si l'on pouvait dire : « Voilà la jeune fille pour laquelle un homme a été tué ? »
— Vous vous trompez, mademoiselle, reprit M. de Rémare ; j'espère que l'on dira : « Voilà la femme injustement outragée qui a été vengée par son mari. »
— Non, s'écria Clara, jamais je ne consentirai à mettre ma main dans une main tachée de sang.
Source : Gallica

Émile Bosquet Trois Prétendants (1874)

Ne voulais-tu pas que je fusse bonne et sensible, même pour les méchants? Ne m'apprenais-tu pas à respecter la vie des plus petits êtres, comme si la justice eût été violée par leur mort? Il fallait me rendre vindicative et fière, m'habituer à l'égoïsme, si tu voulais que je visse sans émotion le sang couler pour moi !
— Tu as raison, Clara, reprit madame Castel en embrassant sa fille ; faisons ce que ton coeur t'inspire : je ne veux pas renier mon oeuvre.
Depuis quelque temps, comme on l'a vu par les lettres de Clara, M. de la Vassière avait fait un retour vers sa soeur et sa nièce.
Source : Gallica

Émile Bosquet Trois Prétendants (1874)

Vous y êtes pour quelque chose, chère Blanche, vous qui m'avez mis l'énergie au coeur par cette parole décisive : «Je crois, m'avez-vous dit, que l'on peut épouser un homme sans l'aimer d'amour, être heureuse avec lui et lui donner' bientôt tout son coeur ; mais il ne faut pas, comme vous, s'apercevoir auparavant qu'on ne l'aime point. »
Cette vérité me parut si évidente que je fus tirée d'inquiétude en un instant. Oui, me disje, une jeune mariée peut se passer de dot, mais non de trousseau ; d'amour, mais non d'illusion et d'espérance.
Source : Gallica

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