“ N’est-ce pas une honte de se décolleter, d’exhiber ses bras et ses épaules, d’étaler aux regards la moitié ou les trois quarts de ses mamelles? Est-ce que les hommes se décollettent? Non, n’est-ce pas? ”
Citations sur “décolleté”
Pauline Mariette, L'art de la toilette : méthode nouvelle pour tailler… (1866)
“ Droit devant, à la couture qui marque le tour de taille, on prolonge un peu la ligne au bas de la taille pour former la pointe que l'on trace en montant du côté de la couture du dessous de bras, en arrondissant un peu pour former le contour de la hanche. Cette robe est décolletée, formant le carré sur l'épaule. La chemisette qui est au-dessous, qui forme bande, est taillée sur le même patron et s'adapte l'une sur l'autre. La manche est toujours une manche de fantaisie. ”
Jean-Baptiste Delestre,
Études des passions appliquées aux beaux-arts…
“ L'anxiété se peint sur ses lèvres, dont les coins écartés et tirés en bas donnent passage aux soupirs exhalés de ses flancs, déprimés par la contraction musculaire du tronc : l'abattement du sourciller, dont la pointe pèse sur l'angle externe de l'œil, est le signe du désespoir accablant; il lui fait diriger ses derniers regards vers le ciel maître encore de le sauver. Que de poésie dans ces cheveux se dressant d'horreur; dans ce gosier où la parole s'arrête et s'éteint; dans cette poitrine qui remonte refoulée par la pression des muscles de l'abdomen sur les entrailles émues! ”
Constance de Théis,
Vingt-quatre heures d’une femme sensible
“ Cette félicité qui remplit l’âme peut en quelque sorte réagir sur elle-même et s’enivrer de ses propres sensations ; mais cette douleur qui frappe, qui accable ; ces émotions subites et profondes... quel est l’être assez malheureux pour avoir sur lui le triste pouvoir de les dérober à tous les yeux ? LETTRE V.Mon déjeuner est là : je n’ai point la force d’y toucher. Je sens une barre, un poids sur ma poitrine. Tantôt une rougeur subite couvre ma figure, tantôt un frisson me parcourt de la pointe des pieds à la pointe des cheveux. ”
Léonce Depont, Revue des Deux Mondes
“ Tout demeure imprégné d’irréelles couleurs : Mais, comme s’il neigeait quelque impalpable cendre, Je sens une plaintive angoisse en moi descendre Et la douleur du soir se fondre en mes douleurs. ”
Pierre-Joseph-Olivier Chauveau,
Charles Guérin, roman de mœurs canadiennes
“ Vous avez laissé les occupations grossières, les durs travaux que vous aviez su vous rendre doux et aimables, et vous avez défait en quelques semaines l’ouvrage de deux années. Vous vous êtes placée vous-même en dehors de tout ce qui vous entoure, et vous ne savez plus où vous êtes. Quels songes vous tourmentent dans cet asile où vous vous êtes réfugiée contre la chaleur du jour et l’ennui de toutes choses ? Votre sommeil est agité, votre poitrine oppressée ; et de vos lèvres brûlantes s’échappent des sons confus et inarticulés. ”
“ XII L’angoisse et la tristesse qui emplissaient ses yeux, si souvent, ses chers yeux, — cette angoisse que rien ne pouvait dissiper et qui se dressait, autrefois, entre nous, comme un lac de ténèbres ; cette tristesse maudite qui surgissait soudain, en vapeur grise, dans ses yeux bleus, à nos heures les plus tendres — l’angoisse et la tristesse, maintenant, sont éteintes. Dès qu’elle m’aperçoit, son regard s’illumine d’une clarté de joie. Son visage s’épanouit, fleurit, se transfigure. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Une tristesse noire flotte autour de nous. Le soir nous avons les nerfs si malades, qu'un bruit, qu'une fourchette qui tombe, nous donne un tressaillement par tout le corps, et une impatience presque colère. ”
“ Au moment délicieux que vous vous sentez glisser dans un sommeil pareil à l’eau tiède, un choc sec et sournois, comme un déclic, vous frappe au cœur ; puis un second, plus vif ; puis d’autres encore qui, peu à peu, en progression régulière, grossissent, se multiplient, fourmillent. ”
Paul Albert, La littérature française au dix-septième siècle (1873)
“ Et ce travail qui suffirait à donner le vertige à la raison la plus ferme, il le poursuit sous l'aiguillon de la douleur, dans les longues heures des nuits sans sommeil, à travers les défaillances du corps, les angoisses et les ravissements de l'âme. Quand ses maux lui laissent quelque répit, il en réveille en lui la sensation, en frappant sur une ceinture garnie de pointes, qui entrent dans sa chair. ”
Anna de Noailles,
Les Vivants et les Morts
“ Hérodote. Quand la douleur est vaste, ardente, sans mélange, Quand elle aveugle ainsi qu’un ténébreux soleil, Elle est dans l’eau qu’on boit et dans le pain qu’on mange, Et dans les rideaux du sommeil ! ”
Pierre Alexandre Gratet-Duplessis, Un million d’énigmes, charades et logogriphes
“ Et près de moi, souvent, quel fracas ! quelle odeur ! Le repos m’est funeste, et l’on a vu mon être Disparaître en un temps, dans l’autre reparaître. On vante mes bienfaits, on m’évite, on me fuit ; Si je plais quelquefois, lecteur, c’est par mon bruit. Enfin, quoique toujours dans la fange et l’ordure, Mon corps n’en est pas moins une chose très-pure. Outre ces attributs de mes pieds réunis, Mon sein pourrait t’offrir des objets infinis ; Mais je ne veux ici qu’un moment te distraire ; Et qui gazouille trop fatigue au lieu de plaire. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine
“ La tristesse, langueur du corps humain M’attendrissent, me fléchissent, m’apitoient, Ah ! surtout quand des sommeils noirs le foudroient. Quand les draps zèbrent la peau, foulent la main ! Et que mièvre dans la fièvre du demain, Tiède encor du bain de sueur qui décroît, Comme un oiseau qui grelotte sous un toit ! ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Quand les yeux sont inondés, quel est le cœur de roc qui peut rester sec ? Quelle est la poitrine assez froide pour ne pas se réchauffer ? Effet contradictoire des pleurs ! la passion brûlante et la chasteté glacée y perdent, l’une ses feux, et l’autre sa froideur. ”
Amable Tastu,
Poésies Complètes
“ Le jour fuit, la nuit tombe, et ses ombres glacées Ajoutent leur tristesse à mes tristes pensées ! Pour moi, tout est besoin, souffrance, isolement, Mon feu s’éteint, mon corps languit sans aliment, J’ai froid, j’ai faim. ”
Léon Gozlan,
Les vendanges
(1853)
“ J'ai des jours affreux, où il fait nuit dans mon âme. Mon corps souffre, languit, désespère. Ma tête s'alourdit, mes tempes palpitent, mes yeux se gonflent de larmes, je tremble, j'ai peur. Tout m'enflamme, tout m'indigne. ”
René de Pont-Jest,
La Duchesse Claude
“ Le jour la surprit ainsi, toujours aux prises avec ces désespérantes pensées, sans qu’elle eût trouvé un moment de repos, et lorsqu’en s’habillant, elle se vit dans une glace, les traits tirés, le teint pâle, les paupières rougies par les larmes, elle comprit que chacun allait lire sur son visage les tortures de son âme. ”
“ Je regarde cet abîme céleste et je m’efforce d’oublier l’abîme d’en bas ; et vraiment je l’oublie. L’infini d’en bas me repousse et me terrifie ; l’infini d’en haut m’attire et m’affermit. Je suis suspendu au-dessus de l’abîme sur la dernière lisière qui n’ait pas encore glissé, je sens que je suis suspendu, mais en regardant en haut mon effroi disparaît. ”
Henriette Dessaulles,
Lettres de Fadette
“ L’ombre se peuple pour elle de plaintes et d’appels plaintifs, et ses crises de désespoir et de terreur se compliquant de détresses physiques, détruisent toute espèce d’équilibre, et le corps suit l’âme dans cette course à l’abîme. ”
Léon Gigot-Suard, L'Herpétisme, pathogénie, manifestations… (1870)
“ Le sommeil et les forces renaissent, la colorification se fixe et remonte à son degré normal. Au désordre, à la souffrance, à la maigreur, à la pâleur, à l'anémie, à la langueur et à la faiblesse générale, à la tristesse et au découragement, succèdent le calme, l'embonpoint, la fraîcheur et la coloration des tissus, la vigueur, le bien-être, la gaîté, en un mot l'ordre et l'harmonie de tout l'organisme. ”
Judith Gautier,
Le Dragon Impérial
“ Les Sages l’évitent ; ils préfèrent la simple décollation, qui est rapide, étincelante et rouge. Tu aurais dû te borner aux méfaits qui s’expient par la décollation. Allons, tu deviens jaune maintenant ? Je n’ai jamais vu d’homme aussi sensible à la pendaison. ”
Ernest Daudet,
La Carmélite, par Ernest Daudet
(1883)
“ Sous ses yeux, les larmes avaient tracé un sillon violacé. L'insomnie des nuits fiévreuses, l'altération de la santé , les luttes douloureuses soutenues par l'âme toujours debout contre les tentations de la chair, se trahissaient sur les joues creusées et osseuses. Tout le corps s'inclinait dans une altitude d'accablante fatigue, dans une habitude d'énervantes privations. ”
Jules Claretie,
Petrus Borel le lycanthrope
“ Tout le visage a je ne sais quelle expression de lassitude et d’accablement, de sombre et morne désespérance. Plus ne m’est rien, rien ne m’est plus, lit-on aussi dans cet œil sans vie, sans éclat, sans espoir. ”
Jean-Sébastien Dieulin, Le bon curé au XIXe siècle, ou Le prêtre considéré sous le rapport moral et social… (1845)
“ Un corps dompté par les travaux et les veilles, ne ressent bientôt plus les saillies bouillantes et impétueuses de la chair. A un jour de lassitude succède ordinairement une nuit calme, un sommeil rafraîchissant, profond, où dorment les sens et les passions. ”
Michel Zévaco,
Le Boute-charge
“ Dans cette heure décourageante où l’on appelle en vain le sommeil qui fuit, où les membres endoloris qui voudraient se détendre se raidissent sous les morsures de la bise, où le cerveau qui cherche l’oubli se débat contre une sorte de névrose passagère, une tristesse qui confine au désespoir vient glacer l’âme des plus braves. ”
Edmond de Goncourt,
Germinie Lacerteux
“ Sinistre et frémissante, les passants de minuit la voyaient, à la lueur des réverbères, se glisser et comme ramper, courbée, effacée, les épaules pliées, rasant les ténèbres, avec un de ces airs de folle et de malade, un de ces égarements infinis qui font travailler sur des abîmes de tristesse, le cœur du penseur et la pensée du médecin. ”
George Sand,
Lélia
(1839 (2e version))
“ Avez-vous éprouvé ce délicieux engourdissement de l’âme et du corps après les jours de délire et de cauchemar, jours à la fois longs et rapides, où, dévoré de rêves, fatigué de sensations incohérentes et brusques, on ne s’aperçoit point du temps qui marche et des nuits qui succèdent aux jours ? ”
“ L'état d'épuisement nerveux, où le surmenage et le chagrin l'avaient réduit, le livrait, sans résistance possible, à cette hantise de la folie et de la mort. Toutes les sensations morbides qu'il éprouvait, la fatigue immense à son lever, les bourdonnements, les éblouissements, jusqu'à ses mauvaises digestions et à ses crises de larmes, s'ajoutaient, une à une, comme des preuves certaines du détraquement prochain dont il se croyait menacé. ”
Sully Prudhomme,
Œuvres de Sully Prudhomme/Poésies 1879-1888
“ La caresse éparse de l’air, L’encens même des fleurs fatigue ; On sent dans l’âme un cher repos Descendre avec le jour qui baisse, On cherche un appui, l’œil mi-clos, La voile des désirs s’affaisse. ”
Alfred Bougeault,
Principes de composition et de style…
(1853)
“ Et là-dessug elle tombe sur son lit ; et tout ce que la plus vive douleur peut faire, et par des convulsions, et par des évanouissements, et par un silence mortel, et par des cris étouffés, et par' des larmes amères, et par des élans vers le ciel, et par des plaintes tendres et pitoyables, elle a tout éprouvé. ”
L. Marteau, Au gré du Vent, poésies (1931)
“ Pauvres âmes désabusées, C'est le déclin, car c'est le soir. Notre coeur, dans notre poitrine, Cesse de battre ses grands coups ; Dans nos yeux, la flamme divine S'éteint, quand tremblent nos genoux. ”
Herbé, Traité physiognomonique de la tête… (1840)
“ LA TRISTESSE. Elle rend la tète douloureuse ; le cœur se serre, la circulation, la digestion et la respiration se ralentissent, le sang se refroidit, une suffocation pénible nous oppresse , et la tristesse s'exhale en soupirs : les extrémités internes des sourcils s'élèvent, la prunelle est trouble , les paupières abattues, sont un peu enflées et les narines déprimées; la bouche, entr'ouverle, abaisse les angles de ses lèvres décolorées; le teint devient livide, et le cou ne soutient plus sa tète appesantie. ”
“ Elle sait aussi l'étrange et l'énervant pouvoir de la volupté des larmes, les brusques réveils de rut qu'excite la douleur..., quelle cantharide elle est pour les nerfs exacerbés des mâles, et c'est là qu'elle attend, qu'elle épie et vous guette! ”
Victor Hugo,
Le Dernier Jour d'un Condamné
(1829)
“ Il y a comme un bruit de cloche qui ébranle les cavités de mon cerveau ; et autour de moi je n’aperçois plus cette vie plane et tranquille que j’ai quittée, et où les autres hommes cheminent encore, que de loin et à travers les crevasses d’un abîme. ”
Paul Duplessis,
Les Étapes d'un volontaire
(1854)
“ Vous savez que chacun possède certains goûts et certaines manies ; moi, j’aime par-dessus tout la joie et la gaité. Un visage sombre et triste m’a toujours été une chose pénible à voir, quand bien même je ne m’intéressais pas au motif qui produisait cette tristesse. ”
“ Qui me font tressaillir encor dans les ténèbres, Étant restés en moi comme elle les chantait. Une phrase de valse infiniment divine Évoque dans mon cœur triste, quand tout se tait, La respiration faible de sa poitrine. ”
Léopold Courouble,
Le Roman d’Hippolyte
“ On vivait dans un malaise d’esprit, une lassitude physique. Plus d’équilibre ; les idées, les sensations s’embrouillaient comme un écheveau. Nulle terreur, mais la paralysie. La vie était sombre, comme éclairée par une torche funèbre... ”
Paul Chavernac, Accidents du travail, guide pour l'évaluation des incapacités (1913)
“ La tristesse, l'abattement, la mélancolie dominent son état mental et se traduisent, par une expression d'indicible découragement : le visage est atone, le regard vague, triste et alangui, les mouvements lents et réduits au minimum. ”
Henri-Raymond Casgrain,
Légendes canadiennes
“ Longtemps je demeurai, les yeux à moitié fermés, dans cet état de somnolence, qui participe de la veille, à la fois, et du sommeil, et où les facultés engourdies ne laissent juger des objets qu’à demi. ”
“ Un physiologiste eût pu étudier sur lui les symptômes croissants de cette absorption fébrile connue et classée par la science, et qui est à la souffrance ce que la volupté est au plaisir. Le désespoir aussi a son extase. ”
Émile Laurent, La Poésie décadente devant la science psychiatrique
“ Alors naît le dégoût, une vague désespérance, et, dans la génération suivante, plus étiolée, et plus proche de la dégénérescence finale qui guette toutes les races, la décadence s’affirme de plus en plus. La poésie devient névrosée, maladive, malade de l’adorable maladie de l’art, si vous voulez, mais malade. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine…
“ Littéralement leurs, d’un fluide profond Et calmant, d’une fièvre ainsi communiquée Qu’elle va jusqu’à l’âme on dirait fatiguée, Et l’endormant dans un rêve d’aise et d’ébat. Quant aux poignets, que j’insultai d’un propos plat. ”
Léo-Paul Desrosiers, Les Engagés du Grand Portage
“ Quelques instants de sommeil agité, et, de désespoir, ils se lèvent, marchent, cherchent les endroits, s’il y en a, où circule une forte brise et se plongent dans l’eau. Ils ont les mains et la figure en sang. ”
Henriette Dessaules, Lettres de Fadette
“ Perçant l’obscurité, traversant les vitres ruisselantes, les glas de huit heures entrent, laissent tomber lourdement, un à un, leurs appels de détresse, et c’est à genoux que je veux m’approcher de ceux qui m’appellent. ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Après une sensation aussi vive, et cette espèce de convulsion générale, accompagnée de jouissances portées à leur comble, les forces vitales paraissent nous avoir abandonné. Un profond accablement, un sentiment de tristesse et de lassitude physique, suivi d’une douce mélancolie qui est loin d’être sans charme, semblent nous annoncer que toutes les parties de notre être se sont épuisées dans un si grand effort, et qu’une portion de nous-mêmes s’est échappée, pour aller vivifier un autre individu. ”
“ Il me disait que la nuit, quand il se réveillait, il était pris d’un horrible découragement. Cela m’a surpris d’un homme qui n’a pas l’air d’être nerveux, C’est une situation commune à presque tous les hommes. ”
Arthur Buies,
Petites chroniques pour 1877
“ Quel jour peut servir de gage à un autre, et comment croire aux promesses d’un ciel plein de caprices furieux ? Vous quittez la ville, haletant, suffoqué, réduit par la transpiration, le manque d’appétit et le manque de sommeil, les membranes intérieures tapissées d’une poussière brûlante ; vous êtes exténué, accablé, vous vous traînez languissamment dans des rues presque désertes ”
Edgard Guilbeau, Chants et légende de l'aveugle (1891)
“ MÉTELLUS, la tête dans ses mains. Je me désole ainsi tous les jours, tous les jours ! La tristesse me suit et m'absorbe toujours ! Le plaisir quel qu'il soit, hélas, ne peut m'altraire, Et du matin au soir rien ne me vient distraire. ”
