Paul-Jean Toulet

Paul-Jean Toulet

Résumé

Portrait de Paul-Jean Toulet Paul-Jean Toulet Béhanzigue

Hubert et Christiane ayant emprunté, par surcroît, la « fumerie » d’un ami de Hué, sous l’étroit dôme de paille, tout plein d’un perfide parfum, les heures leur furent aussi légères que ces nuées blanches d’un jour d’août, dont on voit courir sur la prairie les ombres. Car si tous deux s’aimaient d’ordinaire, cela devenait, à travers le prisme de l’opium, une bien autre ivresse, et comme s’ils se fussent, elle et lui, découvert, sous le masque, on ne sait quel nouveau visage, mystérieux et charmant. Et Christiane, alors, se croyait un cœur sincère.
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Portrait de Paul-Jean Toulet Paul-Jean Toulet Béhanzigue

Non, interrompit Anna qui entrait, nous marcherons. Vois maman, est-ce qu’on ne dirait pas une jeune mariée ? À cet âge-là, on n’a pas besoin de voiture.
Et ils se sourirent tous trois, l’air heureux, tandis que le vieillard contemplait sa femme. Nul n’aurait dit vraiment qu’elle avait dépassé la cinquantaine. Des rides aux tempes et à la bouche, quelque corpulence, un peu de neige aux cheveux ; c’est tout ce que le temps avait imposé à la belle Madame Desrocher, une des gloires jadis de l’administration impériale d’Algérie.
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Portrait de Paul-Jean Toulet Paul-Jean Toulet Béhanzigue

Il sembla tomber dans le doute, mais je ne l’y laissai pas longtemps ; et s’il est mal à moi de lui avoir accordé si vite ce dont la pudeur la plus ordinaire nous fait un devoir de suspendre l’abandon autant qu’il nous est possible, c’est plus mal encore sans doute de l’avouer aussi simplement. Car c’est une opinion constante que la tendresse de cœur fait le principal et la moelle même de l’amour. Aussi n’y voudrais-je point contredire, non plus qu’à tous les serments dont le chevalier m’assura que c’était mon âme, et l’Idée même de ma beauté qu’il adorait en moi.
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