Jean Lorrain

Jean Lorrain

Résumé

Portrait de Jean Lorrain Jean Lorrain,  Âmes d'automne

“ Eh bien, j'habite cette chambre, une chambre de l'autre siècle, où flotte comme une tristesse de jadis dans les plis à larges cassures d'un vieux lampas jonquille, ramagé d'argent mat. Mes deux fenêtres à guillotine donnent sur un ancien parc délabré par l'automne, un vieux parc qui s'en [p. 154] va et descend en terrasses vers de hautes futaies déjà tout éclaircies, et, à l'horizon noyé de pluie, des bois, des bois et encore des bois, toujours des bois, étalent à perte de vue leurs ors rouillés et leurs ocres malades sous un ciel gris et balayé de nuées. ”
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Lorrain Jean Lorrain,  Âmes d'automne

“ Au pied de la terrasse, dans le noir de l'allée piqué par les lampions de la fête, des figures de badauds se détachent, éclairées follement, vaguement, presque grotesques, attirées là par l'orchestre des tziganes, et dans cette atmosphère de musique, d'éclairage savant, de femmes maquillées, et de dîners nocturnes en plein air, il a l'involontaire hantise d'une fête japonaise; les valses des tziganes aidant et ses nerfs s'aiguisant à la fin, voilà qu'il s'attendrit sur lui-même. «Lâché! il est lâché. Comme il fait déjà tard dans sa vie! Qui va-t-il aimer, maintenant!» ”
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Lorrain Jean Lorrain,  Âmes d'automne

“ La vue des avenues dépouillées et des passants crottés l'attriste trop; vrai, ce délabrement du ciel et des choses la navre, et puis ce froid qui la pénètre, et cette atmosphère jaune où l'on dirait qu'il neige des chrysanthèmes, si vous croyez que ça l'égaie! Elle a comme de la boue dans le cerveau et de la glace pilée dans [p. 40] les veines; on a beau chauffer à blanc le calorifère et allumer de grands feux de bois pétillants et flambants dans toutes les pièces, elle grelotte, peureusement recroquevillée sur elle-même, et c'est fini; elle ne se réchauffera plus de l'hiver. ”
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature