Jules Barbey d’Aurevilly,
Premier Memorandum
“ Le souvenir est l’ancre du cœur ; les ancres sont de fer, recourbées, et mordent le sable. Ce qui est mou, léger, rond, n’enfonce pas, et les nids d’alcyon flottent gracieusement sur la mer qui ne s’en soucie. Telles beaucoup de femmes. Telle Apolline. De loisir, d’ennui, de coquetterie, pour ne pas avoir un peignoir qui sent bon pour rien, elle a pris un amant, et elle en est lasse, il la fatigue, et cette chétive liaison meurt de langueur, de je ne sais quel marasme, mais sans crachements de sang. C’est de l’épuisement d’être faible, et pas un iota de plus. ”
