André Vabre

Résumé

André Vabre Le calvaire de la mer (1925)

Souvent, avec Ribière, Portal parlait du Rhône, du champ de foire et du château; mais le mécanicien, n'étant pas poète, n'avait pas vu ces objets comme les avait vus Elisée. Il en discourait avec un plaisir évident, mais sans aucune espèce d'émotion. Le lyrisme était pour lui une langue indéchiffrable. Ce qui pour l'un condensait tout le charme de la Provence, n'était pour l'autre qu'une banalité. Mais cela ne les empêchait pas d'être d'excellents amis. Ils s'encourageaient mutuellement à supporter l'ennui de la traversée; aussi pendant ce voyage le cafard ne les tourmenta qu'assez peu.
Source : Gallica

André Vabre Le calvaire de la mer (1925)

Pour lui, la brunette de Beaucaire incarnait tout le Midi avec les troubadours et leurs chansons et dans son esprit agité, il croyait qu'en disparaissant elle avait emporté avec elle tout ce qu'il y avait de beau et de bon, toute la poésie et tout l'amour des Pays d'Oc. Maintenant que s'étaient éteints les yeux qui l'avaient exalté, Portal sentit en lui une grande pitié pour le souvenir de Gabrielle et il eut l'impression qu'il le garderait embaumé dans son cœur pendant toute sa vie.
— Non, il ne périra pas, disait-il; le temps ne l'anéantira pas.
Source : Gallica

André Vabre Le calvaire de la mer (1925)

Il était environ trois heures et le soleil — dans toute sa force — inondait Tarascon de lumière et de chaleur. Une grande avenue
bordée de platanes s'ouvrait devant lui ; sur des bancs sommeillaient des vieillards, dans les arbres les cigales chantaient. La ville paraissait dormir.
— Il n'y a rien de remarquable ici, se dit Elisée; par ces temps de canicule, les rues sont désertes, les volets sont tirés, que vais-je faire jusqu'à ce soir si je ne veux pas mourir d'ennui?
Tout à coup, lui revint à l'esprit la légende de Sainte-Marthe terrassant la Tarasque. Cette idée l'occupa un instant.
Source : Gallica

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