Adèle Adrienne Siefert

Résumé

Adèle Adrienne Siefert Louisa Siefert (Madame J. Pène… (1881)

Grand'mère, enfin voici ce livre, Mon fils premier-né, mon enfant, Qui tout d'abord eut peine à vivre Et vit aujourd'hui triomphant.
Mais s'il a trouvé dans le monde Si bienveillant et bon accueil, C'est que longtemps sa tête blonde A ployé, triste, sous le deuil.
C'est qu'il n'est pas de plainte vraie Qui ne ravive en chaque cœur La cicatrice d'une plaie, Le souvenir d'une douleur.
C'est qu'il n'est rien qui soit encore Plus fort, plus jeune, chaque jour, Que le printemps et que l'aurore, Que la poésie et l'amour.
Source : Gallica

Adèle Adrienne Siefert Louisa Siefert (Madame J. Pène… (1881)

Oh ! la tristesse ainsi m'était plus grande encore !
Sa paix même excluait l'attente d'une aurore, D'un retour du beau rêve ancien; Et si, lorsque j'errais pensive et résignée, Vous m'eussiez demandé : « Quelle est ta destinée.' » Hélas! j'aurais répondu : « Rien ! »
Aujourd'hui l'azur sombre, étincelant d'étoiles, Frémit au vent de l'aube et soulève ses voiles Jusqu'à l'insondable infini; La terre m'apparaît immortellement belle, Mon jeune sang, pareil à la sève rebelle, Remonte à mon cœur rajeuni.
Je me reprends à rire, à désirer, à croire, Je m'attache au bonheur et non plus à la gloire.
Source : Gallica

Adèle Adrienne Siefert Louisa Siefert (Madame J. Pène… (1881)

JOCELYN PÈNE ET ÉLISÉE BOST
Vous m'avez demandé, mes chers enfants, de retracer la vie ou plutôt l'image fidèle de celle que nous pleurons, de notre Louisa bien-aimée. Quand je vous ai objecte mon peu d'habitude d'écrire, ma faiblesse, ma douleur même, vous m'avez répondu que personne n'ayant vécu pour elle et par elle comme sa mère l'avait fait durant les trente-deux ans de sa trop courte existence, c'était sa mère qui pouvait le mieux consacrer le souvenir de son intelligence et de son cœur, double foyer d'où rayonnaient incessamment pour nous la lumière et l'amour, la chaleur et la vie.
Source : Gallica

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