Jules Michelet

Jules Michelet

Ma jeunesse (1884)

Résumé

Portrait de Jules Michelet Jules Michelet Ma jeunesse (1884)

Qu'on déplace la scène, qu'on la mette en plein océan, loin de l'objet aimé, et il est à peu près certain que, dans le calme relatif du cœur, l'instinct de la conservation prévaudra. Il y aura l'effroi d'une mort violente, l'appréhension de ce qui pourra suivre, quand le pauvre corps tombera dans le gouffre des vagues béantes, pour y rouler à jamais, sans repos, sans sépulture. Une telle vision livrera une femme si jeune, si timide, — comme l'enfant malade, affaibli, — à la volonté du plus fort. La terreur, chez Virginie, annulera la honte, et le matelot la sauvera.
Source : Gallica

Portrait de Jules Michelet Jules Michelet Ma jeunesse (1891)

« Pour une mère, c'est bien fini; je n'en puis plus avoir, en ce monde, puisque la vôtre aussi est morte. Mais, il est une question que je me suis faite, cent fois, dans mon isolement : Pourquoi Dieu, qu'on dit si bon, ne nous a-t-il pas pris en pitié l'un et l'autre; pourquoi, avant de nous reprendre nos mères, ne nous a-t-il pas donné à vous une sœur, à moi un frère à aimer ? »
Ce n'était pas seulement un regret qu'elle m'exprimait d'une voix assourdie par les larmes, c'était aussi l'aveu d'un secret désir; sa main qui tremblait dans
la mienne me le faisait pour elle.
Source : Gallica

Portrait de Jules Michelet Jules Michelet Ma jeunesse (1884)

Il est tout près de nous ; c'est un dieu tout humain ; il vit même en nous, n'ayant, ici-bas, d'autre demeure que le cœur de l'homme. Tu avais raison, contre moi, en me nommant celui que me cachaient mes sophismes. L'amour est bien, ici, le principal acteur du drame ; il ajoute, à la grandeur touchante et naïve du dénouement, le sublime. Fort contre lui-même, il s'immole en immolant; s'il
est le sacrificateur, il est aussi la victime, le martyre de la crainte pudique d'une enfant.
Source : Gallica

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