Résumé

Portrait de Alain Gerbault Alain Gerbault Seul à travers l’Atlantique

Le Firecrest donne une forte bande, l’écume jaillit sur le pont et je suis trempé par les embruns, mais j’ai le cœur en joie, et comme l’étrave du Firecrest fend les flots, je chante le refrain d’une complainte de pêcheurs bretons :
La bonne sainte lui a répondu : il vente.
C’est le vent de la mer qui nous tourmente.
Le baromètre baisse et la terre disparaît derrière l’horizon. À 4 h. 30, je coupe le Lavengro au plus près sur l’autre amure, quand un fort grain arrive. En hâte, j’amène la grand’voile et le foc et j’aperçois le Lavengro fuyant devant la tempête dans une direction opposée.
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Portrait de Alain Gerbault Alain Gerbault Seul à travers l’Atlantique

Il y a trois ans, pour la première fois, à bord de mon navire, j’avais pris la mer ; maintenant je sais qu’elle m’a pris pour toujours. Quoi qu’il advienne, je retournerai vers elle et je pense au jour heureux, maintenant très proche, où le Firecrest et moi nous repartirons ensemble vers le Pacifique et ses îles de beauté, et les vers du poète anglais hantent ma mémoire :
Je dois reprendre la mer,
car l’appel de la marée montante est un appel clair
et c’est un appel sauvage
auquel on ne peut qu’obéir.
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Portrait de Alain Gerbault Alain Gerbault Seul à travers l’Atlantique

Retenu par l’étai de foc, un amas de cordages et de voiles restait contre les flancs de mon navire et les vagues le poussaient comme un bélier contre le bordage, menaçant à chaque coup de percer un trou dans la coque et d’envoyer le Firecrest et moi au fond de la mer.
Le mât était secoué dangereusement ; les haubans de bâbord étaient devenus lâches. Il était fort possible que le mât se brisât, même si la partie cassée du beaupré ne perçait pas un trou dans la coque. Le vent me coupait la figure avec une force incroyable et le pont était la plupart du temps sous les vagues.
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