Clémence Badère

Résumé

Clémence Badère Une mariée de seize ans (1876)

Quand on aime, il faut se marier. — Comment ! c'est vous, ma tante, dit Amélie, qu'y a-t-il donc et pourquoi venez-vous m'éveiller ?
— Eh bien ! pour te faire part du mariage de ma nièce donc?
— Quelle nièce !
— Dame ! Je n'en ai pas d'autre que toi, ce me semble.
— Mais, ma tante, vous savez pourtant bien que je ne veux pas me marier? Et à qui donc me mariez-vous à l'heure qu'il est ?
— A monsieur Alfred Dollins.
Or, la jeune veuve devint rouge comme une grenade. Car, Alfred Dollins, c'était le beau dédaigneux, le héros de son roman, c'était enfin celui qu'elle aimait.
Source : Gallica

Clémence Badère Une mariée de seize ans (1876)

Je te souhaite bon courage, et je rirai de ta constance plus que Laure n'en rira jamais !
— Ne ris pas, Jules; je te jure que je souffre.
— Tu aimes donc Laure plus que jamais ?
— Plus que jamais, fit Léon, comme un lugubre écho.
— Alors, il faut la posséder.
— Comment cela?
— En l'épousant, donc ! Ce sont les remèdes les plus simples qui sont les meilleurs — Tiens, fit-il, comme se s'il fût soulagé d'un poids, c'est vrai, au fait, je n'y pensais pas. Mais y consentira-t-elle?
— Sache donc bien que, si elle te refuse pour amant, c'est qu'elle veut un mari.
— Ah! fit le jeune homme.
Source : Gallica

Clémence Badère Une mariée de seize ans (1876)

Comme on le voit, les rôles étaient changés : M. Darnilly jouait à son tour le rôle d'Adam, et il était plus froid que notre premier père ; car si Eve, dans le jardin du paradis terrestre, eût eu affaire à un Adam semblable, jamais il n'aurait voulu goûter le fruit; cette pauvre Eve, c'est en vain qu'elle lui en aurait vanté le goût et le parfum ! Et où serions-nous, bon Dieu !
— Mon mari ne m'aime plus, se disait Hélène, et il est probable qu'il ne m'aimera jamais.
Source : Gallica

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