Valéry Vernier

Élements biographiques

Valéry Vernier,  Une Lucrèce de ce temps-ci (1864)

“ Écrire à son mari ! Elle frémissait à l'idée qu'elle ne pouvait plus lui ouvrir son coeur qu'à moitié. Il y avait quelque chose qu'elle ne pouvait pas lui dire. Peut-être Jules s'apercevrait-il que toute la pensée de Mathilde n'était pas dans sa lettre. Peut-être l'instinct de l'amour lui ferait-il deviner, ici une hésitation, là un regret, ailleurs, une honte! Si l'arrangement des mots, l'écriture, le papier même, allaient trahir les larmes, les soupirs, les rougeurs, les pâleurs de Mathilde, si, en lisant, il allait s'écrier : — Elle me cache quelque chose ! ”
Source : Gallica

Valéry Vernier,  Un sphinx du demi-monde (1886)

“ Voyons , rendez -moi Mariette ! reprit Ludovic avec plus de violence .
– De quel droit me la demandez -vous ?
Malheureuse Suzanne ! quelle foudroyante tirade elle s' attirait sans y songer !
– De quel droit , demandez -vous ? Du droit d' un amour pur que vous avez raillé et rejeté , que j' ai reporté tout entier sur elle ! Oui , je l' aime autant que je vous déteste ; je l' estime autant que je vous méprise . Je me suis constitué son gardien et son défenseur . Je ne veux pas que vous lui appreniez votre infâme métier de duper les hommes .
”
Source : Gallica

Valéry Vernier,  Une Lucrèce de ce temps-ci (1864)

“ Et vous pensez en vous-même, maintenant, que vous avez péché.
— Qu'est-ce que vous lui parlez de péché? taisez-vous, vieille folle, cria Florine.
— Je sais ce que je tiis, et elle se trouvera bien de m'avoir écoutée, répondit la vieille Anna, très-peu émue de ces injures. Elle continua :
— Écoutez, mon enfant, ce n'est pas ici comme en France; on a pitié des femmes égarées. Si vous étiez depuis longtemps à Madrid, vous auriez déjà rencontré, la nuit, des hommes qui vont quêtant par les rues, les places et les promenades, tenant une lanterne d'une main et une aumônière dans l'autre.
”
Source : Gallica

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