Valéry Vernier

Résumé

Valéry Vernier Une Lucrèce de ce temps-ci (1864)

Écrire à son mari ! Elle frémissait à l'idée qu'elle ne pouvait plus lui ouvrir son coeur qu'à moitié. Il y avait quelque chose qu'elle ne pouvait pas lui dire. Peut-être Jules s'apercevrait-il que toute la pensée de Mathilde n'était pas dans sa lettre. Peut-être l'instinct de l'amour lui ferait-il deviner, ici une hésitation, là un regret, ailleurs, une honte! Si l'arrangement des mots, l'écriture, le papier même, allaient trahir les larmes, les soupirs, les rougeurs, les pâleurs de Mathilde, si, en lisant, il allait s'écrier : — Elle me cache quelque chose !
Source : Gallica

Valéry Vernier Une Lucrèce de ce temps-ci (1864)

La Florine, tout en marchant, mordillait ses gants et son mouchoir, et par moments haussait les épaules.
— Voilà l'Hôtel Ferrer, dit le guide, en soulevant le marteau de la porte d'un air narquois et confidentiel. Quand on lui eut payé sa course, il s'en alla en chantonnant.
La vieille Anna-Dolorès, armée d'une lanterne, vint ouvrit. Elle éleva sa lanterne, et elle, qui ne regardait jamais personne, elle regarda Mathilde ; elle qui ne parlait jamais à personne, elle lui dit : Que Dieu vous donne de revoir votre mère ! — Ma mère n'est plus, répondit Mathilde.
Source : Gallica

Valéry Vernier Une Lucrèce de ce temps-ci (1864)

Alice répondit : — C'est une mascarade. C'est la mode ici pour certaines soirées, à quelque époque de l'année que l'on se trouve.
— C'est étrange. Appelez votre amie, qui ne m'a pas reconnue, paraît-il.
Alice fit signe à Florine. Mathilde se trouva ainsi, selon son désir, entre les deux jeunes amies de madame de Montdidier, s'entretenant tout bas avec elles, ne donnant aucune attention à ce qui se passait autour d'elle et qui lui semblait un rêve, un rêve triste au milieu duquel les épaules et les bras nus d'Alice et de Florine n'étaient pas ce qu'il y avait de moins inexplicable.
Source : Gallica

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