Claude Vignon

Résumé

Claude Vignon Un naufrage parisien (1869)

II y avait encore un passage de la lettre de madame Desvignes qui avait éveillé en elle plus d'une pensée douloureuse. C'était celui qui, en quelques mots, ouvrait le champ des suppositions à propos de l'avenir réservé à madame de Langlerie. Pour la première fois Lucie se demanda, en errant le jour sous les charmilles jaunies de son parc, en tisonnant le soir au foyer de sa grande chambre solitaire, si le deuil de son coeur serait éternel? et... s'il ne l'était pas... quelle serait sa destinée?...
A la première pensée d'un nouvel amour, tout son être se révolta.
Source : Gallica

Claude Vignon Un naufrage parisien (1869)

Lucie monta chez l'avocat, le coeur battant et rouge de honte ; pourtant elle se sentait plus de courage encore pour affronter un inconnu, que pour s'expliquer avec son avoué. Elle abaissa son voile, Paul la comprit, serra sa main qui tremblait, et, en entrant dans le cabinet de l'avocat, la conduisit à un siège dans le coin le plus sombre de la pièce.
Il entama ensuite l'exposition de l'affaire.
— Mais, entre cette assignation et un procès, il y a plus loin que de la coupe aux lèvres ! s'écria le légiste : vous pouvez encore, si vous voulez, vous racheter de la poursuite.
Source : Gallica

Claude Vignon Un naufrage parisien

Quand elle aura vingt ans... et moi les cheveux gris... le front ridé... toutes deux nous sortirons du couvent... Elle, pour être mariée... Moi, pour aller vivre à Cormeilles, où je soignerai les premières années de mes petits-enfants... où je travaillerai à leur fortune, tout en faisant... — le mieux possible... — du bien autour de moi... Il faut vivre de quelque chose !
— Et vous verrez, Lucie, dit la marquise, lorsque Dieu vous accordera d’être à votre tour, pour une pauvre femme égarée, ce que j’ai été pour vous, que dans la pratique du bien tout n’est pas résignation !
Source : Wikisource

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