Léon Frapié

Léon Frapié

Résumé

Portrait de Léon Frapié Léon Frapié Marcelin Gayard (1908)

Dans une pose attentive, Lucette représentait une madone en miniature : visage ovale, effilé, régulier, les yeux d'une limpidité large, comme en extase profonde, les lèvres closes mollement sur l'âme prête à se montrer.
Elle ne ressemblait ni à son père ni à sa mère ; toutes ses marques héréditaires venaient de sa grand'mère Marguerite. Elle avait, de celle-ci, la finesse de corps, l'imagination réfléchie et passionnée. Marcelin disait : « On croirait voir l'ombre de ma mère qui marche, qui fait des gestes, qui pense », et certains souvenirs trop héroïques l'effrayaient.
Source : Gallica

Portrait de Léon Frapié Léon Frapié Marcelin Gayard (1908)

Lucette n'échappait pas tout à fait au chatouillement de la magnificence printanière.
Un après-midi, elle quitta la maison un peu en avance et s'efforça de flâner devant les étalages du bazar de l'Hôtel-de-Ville où se mélangent les porcelaines, les lingeries, les articles de papeterie, les outils, les ustensiles de pêche.
Vêtue très simplement en noir, strictement gantée, coiffé d'un chapeau très cher, mais sans effet, elle était d'ordinaire, malgré sa tournure jolie et délicate, une de ces personnes fermées sur lesquelles le regard ne trouve pas à enfoncer sa hardiesse.
Source : Gallica

Portrait de Léon Frapié Léon Frapié Marcelin Gayard (1908)

Minet taquinait son nez et les poils follets de ses joues malsaines. Thomas ralentissait sa plume; une lueur passait sur son visage terreux.
— Quand on vendrait cinq ou six cravates par jour, qu'est-ce qu'on peut gagner à ce métier-là? interrogea Marcelin après être resté un instant à se mordre le pouce et à évoquer, lui aussi, les effets de l'encre indélébile.
— Mais, rien du tout ! fit Blanblan avec une brusquerie qui secoua ses bajoues ; ce n'est pas un métier, c'est un prétexte...
— Certainement ! dit Moudur, la bouche derrière une petite glace empruntée à Minet.
Source : Gallica

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