Résumé

Céline Fallet Anne de Kervan, fin du XVIIIe siècle… (1860)

ANNE DE KERVAN. 341
— Je voudrais voir l'enfant, dit l'aïeule.
— Il est parti, répondit la jeune femme, parti avec Suzanne, par l'ordre de mon père.
— Ah! si c'est notre monsieur qui l'a voulu, c'est bien, fît la vieille avec résignation.
— Il reviendra, ma bonne, il reviendra bientôt, dit Blanche. Va, je le désire autant que toi.
— Que Dieu vous garde, notre demoiselle! dit Alain, qui entra alors et s'approcha d'Yvonne, après s'être respectueusement incliné devant la jeune femme.
— J'ai des enfants qui m'aiment, murmura la bonne vieille, et des maîtres qui me traitent comme leur égale.
Source : Gallica

Céline Fallet Anne de Kervan, fin du XVIIIe siècle… (1860)

Courbe donc ton front sous la volonté de ton père, et pardonnelui le chagrin qu'il te cause. J'avais formé le même rêve que toi, et j'y renonce avec une douleur profonde; car si tu es le fils de mes entrailles, Anne est l'enfant de mon coeur, et mon voeu le plus cher eût été de vous voir heureux l'un par l'autre. Mais courage, Martial, l'avenir est à Dieu, qui peut, lorsqu'il lui plaît, changer nos pleurs en joie.
Louise n'en put dire davantage ; elle entendit retentir dans le vestibule les pas de M. de la Saulnaie, elle essuya ses yeux et engagea Martial à se retirer.
Source : Gallica

Céline Fallet Anne de Kervan, fin du XVIIIe siècle… (1860)

Que Dieu soit béni ! Mais un père n'a rien à refuser à celle qu'il vient de nommer sa fille; écoutez donc ma prière, je vous en conjure, et, avant de quitter ce château où vous craignez de ne plus revenir, permettez que ma soeur bien-aimée vienne embrasser vos genoux.
— Anne, vous ne savez pas le mal que vous me faites, répondit M. de Kervan. Ma tendresse mal éteinte parle, comme vous, en faveur de la coupable; mais le devoir me défend de céder. Je suis le gardien de l'honneur d'une noble lignée, rien ne pourra me le faire oublier. N'insistez donc pas, ma fille, c'est moi qui vous en supplie.
Source : Gallica

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