Gabrielle d' Éthampes

Résumé

Gabrielle d' Éthampes Les colombes de La Forlière (1877)

Moi, dit Olivier avec feu, je voudrais faire la guerre, devenir un brave serviteur du roi et un grand capitaine, et chasser tous les ennemis de la France.
– Moi, dit Berthe, j'aurais bien peur en te voyant aller à la guerre, mais je prierais tant le bon Dieu pour toi que tu reviendrais sans blessure. Et toi, Rémy, ajouta-t-elle en se tournant vers l'orphelin, est-ce que tu voudrais aussi faire la guerre ?
– Je ne sais pas, répondit Rémy. Il me semble que, si j'étais grand, il n'y a qu'une seule chose qui pourrait me rendre heureux.
Source : Gallica

Gabrielle d' Éthampes Les colombes de La Forlière (1877)

Pauvre Gaëtan !
si nous ne devons plus nous revoir sur la terre, nous serons du moins réunis dans l'éternité !
– Oui, murmura Berthe.
Les deux soeurs allaient s'abandonner à l'une de ces douces rêveries qui font paraître aux malheureux la réalité moins amère, quand Lisette, se penchant vers elles, dit à demi-voix :
– Le voilà !
– Qui cela ? demandèrent-elles en tressaillant ; encore lui ? encore l'Homme Rouge ?
Remy, répondit Lisette avec fermeté.
– Lisette, c'est impossible ; ce hideux personnage ce n'est pas lui. Il n'a ni ses traits, ni sa chevelure, ni rien, rien de lui.
Source : Gallica

Gabrielle d' Éthampes Les colombes de La Forlière (1877)

Et moi, mon père, je ne partirai pas non plus ! s'écria Olivier, bouillant jeune homme d'une vingtaine d'années dont l'ardeur ne pouvait être tempérée que par l'excellence du coeur. Je suis un homme, ma place est à vos côtés. Comme vous, je ne quitterai cette maison que quand on m'y contraindra par la force ; encore en disputerai-je les murailles pierre à pierre. Non ! je ne partirai pas ! je resterai près de vous pour vous consoler, pour vous protéger, pour vous défendre, et si l'on nous condamne à mourir, eh bien ! nous mourrons ensemble, dignes de nos ancêtres, dignes de notre nom.
Source : Gallica

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