“ «Elle serait une mère pour lui, ajoutais-je, et je serais un père pour Nina.»—Oui, je me souviens, répondit tante Isabelle avec mélancolie.—Bernard sera bientôt un homme, reprit Valleroy; mais, en attendant qu'il le devienne, une maternelle influence lui serait nécessaire. Quant à Nina, elle est si jeune encore qu'elle aura longtemps besoin d'une sollicitude telle que la vôtre et d'un appui tel que le mien, de telle sorte que le voeu que j'exprimais il y a deux ans n'a rien perdu de sa raison d'être. Ne pensez-vous pas comme moi? ”
Résumé
« Fils d'émigré », d'Ernest Daudet, explore les tensions familiales et politiques sous la Révolution française, à travers les destins de Bernard et Valleroy, jeunes héritiers confrontés à l'exil, à la prison et aux dilemmes de leur identité.
L'œuvre mêle récits de résistance et de fidélité, en mettant en scène les enjeux de la patrie, de l'héritage noble et des choix individuels. Les thèmes de l'émigration, de la Révolution et des liens familiaux structurent une réflexion sur la liberté et le devoir, illustrée par les dialogues émouvants et les dilemmes moraux des personnages.
Citations de Fils d'émigré (Ernest Daudet)
“ Quoi qu'il arrive, souviens-toi que, toujours et pour toujours, Valleroy appartient à Malincourt.—Valleroy et tante Isabelle, ajoutait celle-ci d'une, voix que les pleurs étouffaient.Et Nina sanglotait aussi.—Reviens bientôt, Bernard, suppliait-elle, car ta petite amie sera malheureuse jusqu'à ton retour...—Sois digne de ton nom, de tes aïeux, reprenait Valleroy.—Nous prierons pour vous matin et soir, continuait tante Isabelle.—Nous t'aimerons éternellement, promettait Nina. Et lui ne pouvait que répéter:—Mes amis! Mes chers amis!Ah! la vie n'est pas rose tous les jours. ”
“ La nuit porte conseil.Il s'éloigna à pas comptés, toujours fringant, toujours alerte, cachant sous son fin sourire ses impressions de la journée. Comme un philosophe, il les rapportait chaque soir en son logis pour y méditer à loisir et y puiser la sagesse. Bernard et Valleroy ne tardèrent pas à l'imiter. Mais ils ne possédaient ni son sang-froid ni son aimable scepticisme, et ils rentrèrent tristement, portant en eux, obsédante et troublante comme un cauchemar, la perspective des périls auxquels étaient exposés à Paris le comte et la comtesse de Malincourt. ”
“ Il formula cette réponse d'un ton si pénétrant que le vieux Reybach jeta sur Isabelle un regard entendu, en murmurant à demi-voix:—Enfant par l'âge, homme par le coeur.Le peintre, de nouveau, se penchait sur la miniature, s'attaquant aux yeux cette fois pour leur donner tout l'éclat que venaient de prendre ceux de Nina qu'émerveillait le beau langage de son petit ami, et qui, n'osant remuer, manifestait son émerveillement par un sourire. Bientôt, personne ne parla plus, comme si l'ombre, en montant dans l'atelier, eût imposé silence. Le peintre s'acharnait au travail. ”
“ Après avoir passé la soirée avec Nina chez tante Isabelle et fait une courte halte au café des Trois-Couronnes, Bernard et Valleroy, rentrés chez eux, s'étaient couchés et endormis. Vers 3 heures du matin, Valleroy fut brusquement réveillé. Il se souleva et prêta l'oreille. Un bruit de foule montait de la rue, dominé par des rumeurs confuses qui, d'abord lointaines, se rapprochaient et grossissaient avec rapidité. Il se jeta à bas de son lit, s'habilla en un tour de main, courut à la croisée et l'ouvrit. La rue était pleine de monde, et de toutes parts éclataient l'effarement et l'épouvante. ”
“ Alors c'est demain que la soeur du colonel Jussac aura des nouvelles de son frère, répondit Valleroy.Ce soir-là, Bernard fut long à s'endormir. La fièvre de l'attente le tint longtemps éveillé, et quand le sommeil vint enfin fermer ses yeux, ce fut pour le transporter au pays du rêve, pays aux horizons capricieux, tour à tour riants et sombres, selon que le coeur de l'homme est joyeux ou triste à l'heure où les portes s'en sont ouvertes devant lui. Le voyage de Bernard à travers ce pays fut cette nuit-là douloureux et accidenté. ”
“ On peut nous entendre... D'ailleurs, je ne vous comprends pas; je suis voyageur en grains.—La rue est déserte, observa Valleroy avec flegme. Vous êtes voyageur en grains comme moi voyageur en vins, ce qui est la qualification que je me donne ici.—Ainsi, vous me connaissez? reprit Joseph Moulette résigné.—Quand on a eu l'honneur de vous voir et de vous entendre à la tribune des jacobins d'Épinal, on ne peut plus vous oublier. Votre éloquence, la pureté de votre civisme laissent dans le coeur des vrais patriotes des traces ineffaçables. ”
“ Mais, aujourd'hui, je suis un homme, libre de mes volontés, et, quoi qu'il arrive, je n'émigrerai pas.—Bien dit, Bernard, s'écria Valleroy.—Même si vous êtes décrété d'arrestation? fit M. d'Épernon.—Même dans ce cas, ni dans aucun cas. J'ai l'âge d'être soldat, et c'est aux armées que j'irai servir ma patrie.Il y eut un court silence; puis Mr d'Épernon reprit:—Vous êtes jeune, Bernard. Les hommes de votre génération sont sans engagements. Ils peuvent faire ce que nous, les vieux, nous ne pouvons faire. Je vous envie: oui, je vous envie et je vous approuve. ”
“ Oh! mon petit Bernard n'a plus besoin de moi, répondit Armand d'un accent qui s'éteignait. C'est maintenant un homme mûri par les épreuves et préparé aux luttes de la vie. Il portera vaillamment le nom de Malincourt; il relèvera notre maison, et la perpétuera, toujours fidèle à la tradition de nos aïeux... Adieu, mon Bernard, adieu, ou plutôt, au revoir... Dieu m'appelle. Je vais revoir nos parents... Mon frère, en leur nom, je te bénis... Tu prieras pour le repos de mon âme et, dès que tu le pourras, tu ramèneras mon corps à Saint-Baslemont... ”
“ Elle se nomme la comtesse Louise de Malincourt.L'enfant est son second fils, Bernard, celui qu'on appelle M. le chevalier. Il a treize ans à peine. Mais, depuis longtemps, il voit autour de lui des visages si tristes, il entend exprimer de si vives alarmes, raconter de si sombres histoires, proférer de si violentes menaces, que son esprit s'est mûri prématurément, et, qu'enfant par l'âge, c'est presque un homme par la pensée. Cette précocité se devine à l'expression inquiète de son regard, à la gravité répandue sur ses traits, au pli contracté de ses lèvres déshabituées du rire. ”
“ Quant à Joseph Moulette, assis avec eux, il s'abstenait de manger et de boire, et le regard dédaigneux dont il les enveloppait exprimait le blâme muet que leur intempérance mettait sur ses lèvres.—Voilà un drôle qui tient à ne pas laisser sa raison dans les pots, pensa Valleroy. C'est donc qu'il médite quelque crime. Attention!Comme pour justifier cette opinion, Joseph Moulette, en le voyant entrer, lui dit d'un accent de froide sévérité:—Tu as bien tardé, citoyen Valleroy!—Le temps m'était-il mesuré, citoyen Moulette?—Les citoyens t'attendent pour t'interroger. ”
“ Elle n'acheva pas et demeura rêveuse, tandis que Bernard, pressant plus étroitement contre lui la petite Nina qui s'endormait entre ses bras, interrogeait Valleroy d'un air inquiet comme s'il craignait de comprendre le langage de tante Isabelle.—Si ce n'était cette enfant, que feriez-vous? s'écria Valleroy, tout à coup anxieux.Elle regarda le ciel bleu, puis les eaux aux vagues étincelantes, et murmura:—La mort, c'est la délivrance.—La mort! À votre âge! Quelle impiété! Il faut vivre, tante Isabelle, surtout maintenant que vous avez des amis... ”
“ Je châtierais ce misérable comme il le mérite.—Laissez là les idées de vengeance, Bernard. Celui que vous appelez un misérable n'est, comme ses pareils, que l'instrument de desseins qu'il ignore et d'ambitions qu'il ne comprend pas. Il n'est qu'une parcelle de la masse inconsciente, au nom de laquelle quelques fanatiques nous oppriment, un flot d'écume du torrent qu'ils ont déchaîné pour se frayer un chemin. Vous venger de lui, la belle affaire! Ne songeons qu'à l'empêcher de nuire, cela vaudra mieux.—Oui, l'empêcher de nuire, c'est bien cela, observa Valleroy. ”
“ Mme de Malincourt pose de nouveau ses lèvres sur le front de l'enfant, et ils restent ainsi, pressés l'un contre l'autre, immobiles et pensifs, le regard perdu dans le vaste horizon qui se déroule à leurs pieds.Derrière les Vosges, le soleil décline lentement. À la cime des forêts dont la masse sombre, mouvante comme la mer, s'éclaire, çà et là, de couleurs lumineuses qu'y mettent les toitures de quelques villages, il laisse de longues traînées d'or. Une brise fraîche s'élève, chasse la chaleur, agite les feuilles d'où tombe la poussière qui s'y est amassée depuis le matin. ”
“ Dans la tourmente de cette affreuse nuit, Nina et tante Isabelle avaient disparu.Au moment où cette disparition mystérieuse venait d'être constatée, et comme le vidame d'Épernon et Valleroy se consultaient, se produisit non loin d'eux un nouveau mouvement de foule, une de ces furieuses poussées de peuple qui brisent tout sur leur passage. En même temps des clameurs plus bruyantes s'élevèrent. De toutes parts on n'entendait que ce cri:—L'ennemi! Voilà l'ennemi! ”
“ Il marche vers le château, conduit par la lumière qui brille aux fenêtres du rez-de-chaussée.Au fur et à mesure qu'il avance, l'intérieur de la salle à manger, le couvert mis, la comtesse et Bernard assis à table, Valleroy qui les sert prennent corps et se dessinent avec netteté. Son front s'éclaire; au fond de son regard passe un sourire. Sans s'inquiéter de savoir s'il ne sera pas aperçu, il demeure immobile dans le large cadre de la fenêtre ouverte, cloué sur place par l'émotion poignante qui l'étreint! ”
“ Bernard, pénétré de respect, se courba. Puis il rejoignit M. d'Épernon et Valleroy qui l'attendaient au seuil de la salle, et sortit avec eux, suivi du regard de Monsieur où passait un sourire de bienveillante et douce pitié.Resté seul, le prince frappa deux coups sur un timbre. Presque aussitôt, à une porte basse dissimulée dans la boiserie qui cachait les murs, parut un homme en deuil. Quoique d'aspect jeune et dans la force de l'âge, il semblait n'avoir que le souffle, tant étaient pâles ses lèvres, décharné son visage et maladif son teint. ”
“ «À la lanterne, les aristocrates!» Les flots de cette plèbe grouillante se grossissaient de tout ce qu'elle ramassait au coin de chaque rue, comme un fleuve qui se grossit sur son parcours des rivières qui lui portent leurs eaux. Bientôt, la rue fut trop étroite pour la foule, et on n'avança plus qu'avec lenteur. En cet instant, dans la poussée tumultueuse qui l'emportait ainsi que Bernard, Valleroy se trouva auprès d'un homme âgé, dont la figure lui inspira confiance. ”
“ On marchait tout le jour, en faisant deux haltes, le temps de déjeuner et de laisser le cheval manger une mesure d'avoine ou une botte de foin. Pendant la marche, Nina, bien enveloppée, restait dans le cabriolet de la voiture, où Bernard, Valleroy et les grenadiers prenaient tour à tour place à côté d'elle. Au fur et à mesure qu'on s'éloignait des contrées du Nord, le ciel devenait plus bleu et l'air plus tiède, et la douceur de la température ouvrait à la gaieté l'âme des soldats comme celle des enfants. ”
“ Les tristesses que la nuit amasse autour des malheureux, en vagues rêves ou en réflexions poignantes, se dissipaient, cédant la place pour quelques heures aux espérances qui soutiennent et consolent, sans lesquelles l'homme serait écrasé sous le poids de ses maux. Bernard lui-même, malgré de légitimes motifs d'angoisses, se sentait allégé, voyait l'avenir moins sombre, revenait à la gaieté de son âge. Oh! le puissant magicien, l'admirable guérisseur de plaies que le divin soleil!—Ne voulez-vous pas déjeuner, Monsieur le chevalier? demanda Valleroy. ”
“ Elle se revoyait jeune fille, quand, orpheline et unique héritière de l'antique maison de Saint-Baslemont, elle fut recherchée par le brillant comte de Malincourt, colonel d'un régiment du roi, l'un des favoris de Marie-Antoinette, et alors dans tout l'éclat de sa jeunesse. Devenue sa femme, elle l'adora. Au milieu d'une société sceptique et pervertie, ils donnèrent, le rare exemple d'une fidélité réciproque, qui n'eut d'égale que leur félicité successivement accrue par la naissance des deux enfants devenus la parure et l'orgueil de leur foyer. ”
“ Le Palais de justice, la Conciergerie et l'Hôtel de ville, ces étapes d'une route que Bernard ne pourrait jamais plus parcourir sans ressentir des impressions douloureuses, conservaient leur physionomie d'autrefois, assombrie encore par les pleurs et le sang que leurs murailles avaient vu verser. De tous côtés, ce n'étaient que maisons à louer, antiques hôtels et vieux mobiliers à vendre. Au fronton des monuments, on lisait en gros caractères ces mots sinistres: «Unité, indivisibilité de la République; liberté, égalité, fraternité ou la mort.» ”
“ Un peu avant l'heure où, au château de Saint-Baslemont, la comtesse et son fils se mettent à table, un homme a débouché de la forêt de Relanges par l'étroit sentier qui, du fond de Bonneval, conduit au village. Enveloppé, malgré la chaleur, d'un épais manteau à pèlerine, en grossière étoffe de couleur jaunâtre, le visage dissimulé sous les larges bords d'un chapeau brun, en feutre, il marche à pas pressés, enfonçant lourdement, dans la poussière, à chaque enjambée, ses pieds chaussés de gros souliers poudreux, aux semelles hérissées de têtes de clous. ”
“ Valleroy s'applique à marcher sans bruit, pour ne pas troubler le silence qui pèse sur les hommes et sur les choses, traversé seulement par les rumeurs confuses de la nuit, chants d'oiseaux, cris d'insectes, murmures des forêts, qui montent des profondeurs de la vallée. Tout à coup, Mme de Malincourt voit son fils devenir très pâle, se lever et rester debout à sa place, cloué par l'effroi.—Qu'est-ce donc, Bernard, demande-t-elle. ”
“ Monsieur Valleroy?—Le vidame d'Épernon est parti ce matin pour ses terres de Bavière. Mais il ne pourrait en dire plus que ce que je sais. Ce sont des fugitifs qui me l'ont raconté tout à l'heure au café des Trois-Couronnes, où ils sont arrivés exténués, les vêtements en lambeaux, remplis d'épouvante. Les Français ont été admirables, disent-ils, ils se sont battus comme des lions, et, quoique mal équipés, mal armés, quelques-uns même chaussés de sabots, ils ont enfoncé les carrés prussiens. La défaite de Brunswick est complète, et, s'il est en fuite, c'est qu'il a perdu l'espoir de vaincre. ”
“ Si triste était la capitale avec ses solennités civiques et ses manifestations patriotiques, avec les convois de condamnés, parcourant la ville à toute heure, avec les sans-culottes et les tricoteuses maîtres du pavé, les longues files formées aux abords des halles et des boulangeries, la guillotine en permanence, que Valleroy s'efforçait d'en dérober le spectacle à Bernard. Mais lorsqu'il l'eut quitté pour s'enfermer au Luxembourg, l'enfant manifesta la volonté de changer d'existence et d'aller tous les jours par la ville. ”
“ S'il s'était agi de défendre son cher chevalier contre un danger visible et tangible, il aurait aisément trouvé des armes dans son dévouement, dans son énergie. Mais contre le danger mystérieux créé par l'état d'âme de Bernard, il se sentait impuissant. Il n'en déployait pas moins d'incessants efforts pour distraire son jeune maître. Il appelait à son aide tour à tour le vieux Reybach, l'aimable vidame, la chère tante Isabelle et surtout Nina, car il avait remarqué qu'auprès d'elle Bernard retrouvait facilement sa bonne humeur et son sourire. ”
“ C'était le marquis de Guilleragues, non tel qu'il l'avait entrevu au café des Trois-Couronnes, le soir de son arrivée à Coblentz, tout pimpant sous le brillant uniforme des gardes du comte d'Artois, mais vêtu de noir, portant toute la barbe, coiffé d'un feutre à larges bords, d'où sortaient en désordre de longs cheveux dont les boucles flottaient sur ses épaules. De son côté, M. de Guilleragues le dévisagea et d'un air d'indifférence s'approcha de lui, comme attiré par l'étalage des marchandises exposées. ”
“ Des bandes de jeunes hommes allaient par les rues, armés de gourdins, toujours prêts à courir sus à quiconque était suspect de terrorisme. On les rencontrait dans les bals populaires, dans les cafés, dans les salles de spectacles, sur les promenades, faisant fête aux nobles non émigrés, à peine sortis de leur prison ou des retraites obscures où ils avaient vécu depuis deux ans, et menaçant les jacobins exposés à leur tour aux délations, à l'emprisonnement ou même à la mort. La Convention s'effrayait de ces représailles déchaînées par elle, le jour où elle avait condamné Robespierre. ”
“ Une poussée de foule, plus violente que les autres, le sépara de Valleroy, et lorsque ce dernier le chercha des yeux autour de lui, il lui fut impossible de le retrouver.Alors, son regard s'abaissa vers Bernard, qui, suspendu à son bras, réglait son pas sur le sien, et il s'aperçut que le visage de l'enfant, couvert d'une pâleur livide, exprimait l'horreur.—Qu'as-tu donc, petit? lui demanda-t-il.—Je songe à ces pauvres gens qui vont mourir, murmura Bernard et je hais les monstres qui vont les voir mourir. ”
“ La Seine coulait lumineuse entre ses hautes berges, au bord desquelles le Louvre, les Tuileries, le Palais Mazarin, dressaient leurs façades monumentales et allait se perdre au loin, sous les hauteurs verdoyantes de Passy qui s'étageaient dans une lumière éclatante, où flottait une poussière d'or. Et devant ce radieux spectacle, Bernard se demandait comment une ville si belle était tombée au pouvoir des scélérats qui la déshonoraient et pourquoi Dieu permettait que la nature, créée par lui et embellie par la main des hommes, servît de cadre à leurs forfaits. ”
“ «Vive le roi!» à crier: «Vive la République!...» Je suis bon patriote.—Pardonnez-moi, citoyen Grignan, répondit M. de Guilleragues... ce cri qui résume ma foi politique et ma foi religieuse m'a échappé. Je respecte vos convictions, et si tous ceux qui les professent étaient à votre image, je les honorerais... Il n'y a ici ni républicains, ni royalistes; il n'y a que des hommes de coeur. ”
“ Votre père a ordonné, Bernard...Au même instant, l'enfant se sentit enlevé entre des bras robustes qui paralysèrent ses mouvements, comme l'ordre de son père et la prière de sa mère venaient de paralyser sa volonté. Sur son front renversé tombèrent des larmes et se posèrent des lèvres, tandis qu'à son oreille arrivait, comme une plainte, l'adieu suprême de ses parents auxquels l'arrachait Valleroy.Il était temps. Par les portes de la vaste salle brusquement ouvertes, des hommes faisaient irruption. ”
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