Alexandrine Des Écherolles

Alexandrine Des Écherolles

Résumé

Portrait de Alexandrine Des Écherolles Alexandrine Des Écherolles Une famille noble sous la Terreur (1879)

Le gardien, respectant ma douleur, eut la discrétion de ne point y entrer. Plongée dans de profondes pensées que Dieu seul a vues, je gémissais devant lui de l'inutilité de mon existence, un vide affreux s'était fait dans ma vie, et mon âme se détachait de la terre. Ma tante avait emporté avec elle le but de mes soins, de mes voeux, de mes craintes. Elle était, à mon réveil, ma première pensée, comme elle en était la dernière à la fin du jour. Qu'avais-je à faire ici-bas? privée d'elle, tout était vide autour de moi, et mon coeur s'élançait vers le ciel pour l'y retrouver.
Source : Gallica

Portrait de Alexandrine Des Écherolles Alexandrine Des Écherolles Une famille noble sous la Terreur (1879)

Je passai près d'elle le peu de temps qu'elle resta encore à Lurcy, et je revins tristement à l'Ombre.
Après avoir vécu au milieu d'amis si tendres, la vie m'y parut amère; c'était le dénûment complet de l'exil. Rien pour l'âme, rien pour le coeur, pas une conversation qui pût nourrir l'esprit ; une existence tout animale, des divisions, des intérêts qui s'entre-choquaient, des partis attentifs à se nuire, des calomnies réciproques : tel était le tableau qu'offrait la maison de ma tante. Un domestique nombreux, qui voyait rarement sa maîtresse, était peu fait à la respecter.
Source : Gallica

Portrait de Alexandrine Des Écherolles Alexandrine Des Écherolles Une famille noble sous la Terreur (1879)

Vers le soir, madame de Bellecise m'envoya dire de monter chez elle. Sa fille, madame Milanès, délivrée le matin, était venue la voir. Tout mon sang reflua vers mon coeur. « Non, non, je ne le puis; je ne veux pas la voir. Qu'a fait ma tante pour n'être pas libre aussi? » Et une immense amertume inonda mon âme... Tout à coup je vis près de moi la belle figure de madame de Bellecise : ses cheveux blancs, la paix, la sérénité répandue sur ses traits, toute une vie de vertus en faisaient un ange consolateur. Elle avait obtenu de son gardien la permission de descendre près de moi.
Source : Gallica

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