Ernest Daudet,
Le roman d'une jeune fille (1770-1794…
(1869)
“ Quand on s'aime, rien n'est plus douloureux que de mourir l'un sans l'autre, et celui qui survit doit être si malheureux, pour la suite de ses jours, que le voeu le plus ardent, le plus digne, le plus généreux que puisse former celui qui s'en va, c'est d'être promptement suivi de celui qui reste. Dolorès ne répondit pas. Elle comprenait l'immense tristesse qui envahissait l'âme d'Antoinette. La sienne n'était pas moindre, mais il s'y mêlait une sérénité, une résignation, qui grandissaient d'autant plus, qu'elle comprenait mieux, par ce qui venait de se passer, l'utilité de son sacrifice. ”
