Ernest Daudet

Ernest Daudet

Résumé

Portrait de Ernest Daudet Ernest Daudet La petite soeur (1875)

En un mot, il devint homme et se transforma. Mais ce qui ne changea pas en lui, ce fut le sentiment qu'il nourrissait pour Sidonie et qui ne saurait se comparer qu'à l'adoration d'un fidèle pour son Dieu. Tout ce qui venait d'elle, ses paroles, ses actions, tout lui semblait admirable. Il est vrai qu'en grandissant, Sidonie révélait déjà, à un degré bien rare à son âge, la piété, la sagesse, la raison, et surtout la bonté. L'exemple de vertus si précoces et si charmantes dans cette âme exquise, s'était imposé à André.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Daudet Ernest Daudet La petite soeur (1875)

L'un était M. Breslier, l'autre un malfaiteur redoutable, à en juger au moins par sa face abrutie et bestiale, son costume dépenaillé et la violence des coups qu'il portait à sa victime. Dans la lutte qu'André surprenait ainsi, M. Breslier avait été vaincu. Il était étendu sur le tapis. Lassés d'une résistance que la gravité du péril avait exaspérée, mais que l'âge rendait vaine, ses bras impuissants à le défendre s'agitaient dans le vide, tandis que l'homme, à cheval sur lui, avait jeté ses formidables mains autour du cou du vieillard et tentait de l'étrangler.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Daudet Ernest Daudet La petite soeur (1875)

Courbelot assis au pied du lit de sa fille, l'âme déchirée par l'angoisse, la regardait immobile et assoupie, tourmenté de ne la voir sortir de sa torpeur que pour parler avec volubilité, et prononcer des mots dans lesquels le nom d'André et celui de M. Guillaume Breslier revenaient sans cesse. Dans la soirée, le médecin et soeur Saint-Vincent arrivèrent en même temps. Le médecin examina Sidonie pendant quelques minutes, puis se retournant vers la soeur : — La fièvre cérébrale, dit-il; je l'avais prévu. Courbelot surprit ces paroles ; un flot de larmes s'échappa de ses yeux.
Source : Gallica

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