Léon Gozlan,
Une nuit blanche. Tome 1
(1840)
“ La réserve de Néri éclata. — Il mourut, et vous restâtes seule! — Seule et sans protecteur. J'avais quinze ans. — Sans asile... et personne?... — On m'offrait un asile, mais pour une nuit; du pain, mais sur des tables somptueuses ; de la protection, mais pour un jour, Je patientai. La Seine est profonde, me disais-je, et j'ajoutais comme nos sauvages : La mort est pour tout le monde. — Vous ne mourûtes pas ! — Mon ami, la faim est une terrible chose, et les nuits d'hiver, pour une pauvre créole, sont bien longues, bien froides, bien ternes. Marcher sur la glace avec des pieds nus! ”
