“ Messer Neri en fut fort content, et il reçut le roi dans son beau jardin, le mieux qu’il pouvait. Le roi admira et loua fort la maison et le jardin, puis il se lava les mains et vint s’asseoir à table, au bord du vivier, entre messer Neri et le comte Guido de Montfort, l’un de ses compagnons : et il commanda aux trois autres de servir. Le repas fut excellent en viandes et en vins, et le roi jouissait de la fraîcheur des ombrages, lorsque deux damoiselles, âgées chacune d’environ quinze ans, entrèrent dans le jardin. ”
Néri
Définition et enjeux
Citations sur “Néri”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ Naples, 26 mai 1787. Tout bien considéré, c’est une bonne chose qu’il y ait tant de saints : chaque croyant peut choisir le sien, et s’adresser avec une pleine confiance à celui qui lui plaît le mieux. C’était aujourd’hui la fête du mien, et je l’ai célébrée avec une joyeuse ferveur, selon son caractère et sa doctrine. Philippe Néri a laissé une grande renommée et en même temps un joyeux souvenir. On est édifié et réjoui, lorsqu’on entend parler de lui et de sa haute piété. Mais on entend aussi raconter beaucoup de choses sur sa bonne humeur. ”
Adolphe Perraud,
L'Oratoire de France au XVIIe et au XIXe siècle…
(1865)
“ Et, dans le siècle même où saint Philippe de Néri avait fondé l'Oratoire, l'évêque de Genève établissait cette Visitation où tant de ferveur, de renoncement, d'esprit de sacrifice se trouve concilié avec les plus charitables ménagements pour les santés faibles et les tempéraments délicats. Un dessein, empreint d'une prévoyance si profonde et d'une si intelligente bonté, ne vient-il pas manifestement du souffle de l'Esprit divin? ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ Il se trouve, par exemple, auprès du pape, lorsqu’on vient annoncer que, dans le voisinage de Rome, une religieuse se signale par toutes sortes de dons spirituels, merveilleux. Néri est chargé de vérifier l’exactitude de ces récits. Il prend sur-lechamp un mulet, et bientôt il arrive au couvent par un temps et des chemins détestables. On l’introduit, il s’entretient avec l’abbesse, qui lui fait, avec une entière persuasion, le détail exact de tous ces signes de grâce. On appelle la nonne, elle paraît, et lui, sans la saluer, il lui présente sa botte fangeuse, en l’invitant à la lui ôter. ”
Adolphe Perraud,
L'Oratoire de France au XVIIe et au XIXe siècle…
(1865)
“ Il n'est pas besoin d'insister pour montrer le bien inappréciable qui sortirait d'un semblable ministère, et combien il est conforme à l'esprit de saint Philippe de Néri. La tâche, il est vrai, est si vaste, que tous les ouvriers évangéliques ont le droit et le devoir d'y concourir; mais, quand on a sans cesse devant les yeux la vie, les exemples, les œuvres de saint Philippe, de Baronius, de Thomassin, n'y a-t-il pas là un héritage de famille à conserver, et comme une grâce de vocation à laquelle on doit rester fidèle? ”
Adolphe Perraud,
L'Oratoire de France au XVIIe et au XIXe siècle…
(1865)
“ Chaque maison ne relève que d'elle-même. Les besoins particuliers de l'Église de France au commencement du XVIIe siècle, et la tendance à la centralisation qui, depuis cette époque surtout, a été un des caractères dominants de l'esprit national, déterminèrent M. de Bérulle à s'écarter sur ce point fondamental de l'exemple de saint Philippe de Néri, et, en laissant subsister les autres éléments essentiels de l'institut italien, à concentrer entre les mains d'un supérieur général le gouvernement de toutes les maisons de la congrégation. ”
Madame de Staël,
Œuvres inédites
“ LE CAPITAINE, NÉRINE.LE CAPITAINE. Ah ! te voila, Nérine ; que je suis aise de te trouver seule ! Dis-moi, ma toute belle, est-ce que je ne suis pas un peu à ton gré ? Tiens, regarde-moi du côté de mon coup de sabre, car pour cet autre côté de mon visage, je n’en fais aucun cas ? il ne signifie rien : mais une belle balafre, Nérine, cela ne dit-il rien à ton cœur ? ”
“ NERINE, DAPHNÉ, SCAMANDRE, PHILANTE.NERINE. Voilà de ses erreurs la véritable histoire. DAPHNÉ. À moins que de le voir je ne te saurais croire. NERINE. Je le vois, mais attends. DAPHNÉ. Que j’aille l’embrasser. NERINE. Phénice ne fais rien qui te puisse offenser. Que dirait cet ami dont il fait tant de compte Si l’amour devant lui triomphait de ta honte ? DAPHNÉ. Nerine, allons le voir. NERINE. C’est à lui d’approcher, Les hommes ne sont faits que pour nous rechercher, Feins de te promener, je ferai bien en sorte Que tu lui parleras auparavant qu’il sorte. ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ Le théâtre, qui vit de l'amour et dont la Muse est la femme, lui parlait de Noris. La solitude du Bois, la nuit, se peuplait de fantômes qui étaient Noris. Jusque dans le fracas des cafés concerts, faisant rage aux Champs-Élysées, sous les arbres, parmi les drôleries et les clowneries des bouffons à la mode, une romance bête et banale, le moindre couplet attendri chanté par une voix de gorge, reportait la pensée de Raymond vers Noris. C'était une obsession, mais une obsession d'un charme puissant et que Ferdys n'eût pas voulu chasser. ”
Jean-François Regnard,
''Œuvres complètes de Regnard''
“ Nérine, c'en est fait, pour jamais je l'oublie ; Je ne veux ni l'aimer, ni le voir de ma vie ; Je sens la liberté de retour dans mon coeur. Ne me viens pas, au moins, parler en sa faveur. [400] NÉRINE. Moi, parler pour Valère ! Il faudrait être folle. Que plutôt à jamais je perde la parole !ANGÉLIQUE. Ne viens point désormais, pour calmer mon dépit, Rappeler à mes sens son air et son esprit ; Car tu sais qu'il en a.NÉRINE. De l'esprit ! Lui, madame ! [405] Il est plus journalier mille fois qu'une femme : Il rêve à tout moment ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ NÉRIGON, nom ancien de la Norvège. NÉRIS, Aquæ Neræ, bourg de France (Allier) , à 8 kil. S. E. de Montluçon ; 2000 hab. Eaux thermales déjà renommées chez les Romains, qui y fondèrent une ville assez importante. Ces eaux, classées comme carbo-sulfatées, sont efficaces contre les maladies nerveuses et rhumatismales. Ruines aux environs, houille. NÉRON (C. CLAUDIUS) , général romain, lieutenant de Marcellus en 216 av. J.-C, fut envoyé en Espagne après la mort des deux Scipions (212) , et laissa échapper Asdrubal enfermé dans le défilé des Pierres Noires ”
Charles Rivière Du Frény,
La Réconciliation normande
“ Nérine Que savoir ? Dorante Allons... Nérine Où, vous noyer. Dorante Je suis au désespoir. Scène X Dorante, Le Chevalier, Nérine.Le Chevalier Le bel accord, mon cher, que l'entrevue opère ! Ils ne se verront plus, l'arbitre en désespère ; Il faudra les gagner chacun séparément, [655] Vous autres gagnerez l'oncle facilement. Pour moi morbleu, pour moi, je n'épouse la tante Qu'en exigeant... Nérine Tout beau, la puissance exigeante Vous manque ici tout net ; vous n'êtes plus mari ; Pour un autre que vous, son coeur s'est attendri. [660] Le Chevalier Quoi ! Plaisantes-tu ? ”
Jean-François Regnard,
''Œuvres complètes de Regnard''
“ I}}Angélique, Nérine.NÉRINE. En vain vous m'opposez une indigne tendresse, Je n'ai vu de mes jours avoir tant de mollesse. Je ne puis sur ce point m'accorder avec vous. Valère n'est point fait pour être votre époux ; [1165] Il ressent pour le jeu des fureurs nonpareilles, Et cet homme perdra quelque jour ses oreilles.ANGÉLIQUE. Le temps le guérira de cet aveuglement.NÉRINE. Le temps augmente encore un tel attachement.ANGÉLIQUE. Ne combats plus, Nérine, une ardeur qui m'enchante ”
Jean Humbert, Nouveau Glossaire Genevois, tome 1…
“ Se fatiguer à l'excès, s'éreinter. L'ancien Glossaire dérive le mot énierler de la préposition latine e, et de nerio, force, puissance. Le mot nerio ne se trouve pas dans les dictionnaires. Mais, sans recourir aux langues anciennes, les mots genevois populaires Nière, nierf, ou niarf, nous fournissent spontanément la véritable étymologie de ces deux termes. ”
Adolphe Aderer, Drapeau ou la foi ? [3e édition…
“ Ce trou dans votre képi, c'est un galon déplus sur votre manche. L'expédition terminée, la cavalerie prend l'escorte et la garde des prisonniers, et c'est au milieu de l'escadron où chevauche Néris, que la prophétesse Lalla Fathma s'avance, à dos de mulet, suivie des autres femmes, qui vont à pied. Tout près de Néris, une jeune fille se traîne péniblement. Elle pousse de longs soupirs et des larmes abondantes coulent de ses beaux yeux noirs, vifs comme des yeux de gazelle. ”
Auguste Longnon,
Géographie de la Gaule au VIe siècle
(1878)
“ Le vicus Nereensis ne saurait être cherché ailleurs qu'à Néris (Allier, arrondissement et canton de Montluçon) , à une dizaine de kilomètres ouest-nord-ouest de Colombier (monasterium Columbariense) et de la Celle (Mediocantus) , également nommés dans la Vie du saint anachorète. Le texte de Grégoire est curieux en ce qu'il permet de constater deux faits intéressants pour l'histoire de Néris. ”
Clairville,
Daphnis et Chloé
(1849)
“ I Néréa, La nuit est sereine, Néréa, Mon âme est en peine, Viens et n’attendons pas du jour Le retour. Je me meurs sans toi ! Prends pitié de mon délire ! Ah ! de Néréa, le sourire Me fait plus heureux qu’un roi ! ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ Malheureuse, Noris ? Elle a des équipages dont on parle, une maison montée, un five o'clock où tu vas faire de la philosophie sentimentale ! Elle est ou elle n'est pas, comme tu voudras, la maîtresse du Grand Duc ; mais, dans tous les cas, elle en a le luxe, et, ma parole, elle en porte le titre. Malheureuse avec ça, Noris ?... Qu'est-ce qu'il lui faut donc ? – Oh ! rien du tout : le sentiment de sa propre dignité ! – Je ne comprends pas très bien, dit René. – Ça ne m'étonne pas. Il faut t'avouer à toi-même qu'il y a, au monde, une infinité de choses que tu n'entends qu'à demi ! ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ Une femme qui aime René. – Allons, dit Noris, il n'y a décidément pour être adorés que ceux qui n'aiment personne ! Et c'est Mme de Montépreux, je parie, cette femme-là ? – C'est la comtesse de Montépreux ! – Elle avait un mari, celle-là. Elle n'a pas d'excuse, tant pis pour elle ! dit Noris froidement. Alors un cri monta, comme du fond de son être, aux lèvres de Raymond. Il prit les mains de Noris, il la regarda, à son tour, au fond des prunelles, comme elle le regardait tout à l'heure et, tout son amour éclatant dans une sorte de prière ardente : – Eh ! bien, Suzanne, et moi ? dit-il. ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ Noris eût voulu passer, affamée de solitude, par les taillis réservés, mystérieux, où le lierre étreignait les arbres et rampait à terre. Tout sentier battu lui déplaisait. Mais au Bouquet du Roi, ils étaient presque seuls, des enfants jouant sur l'herbe molle, criblée de pâquerettes ; des vieux lisant leur journal sur quelque banc ; les shakos de soldats de l'artillerie apparaissant seuls parmi les lilas en fleurs, tandis qu'au loin on entendait, sourds et continus, des bruits de canon. ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ De toutes les femmes, une seule lui plaisait maintenant, Noris. C'était insensé, incompréhensible ; mais c'était ainsi. Tous les souvenirs d'autrefois le mordaient au coeur. Puis, comme si le hasard eût voulu le rendre décidément fou, partout où il allait on ne parlait que de Noris, et, à ce nom de Noris, on ajoutait toujours celui de Ferdys. Cette mystérieuse belle fille, inaccessible à tant d'hommages, s'était donc humanisée ? Elle avait laissé fondre, disait le duc de Marsan, la cuirasse de glace que lui imposait le grand-duc Vassili, chaque fois qu'il la quittait. ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ Elle ne lui avait jamais semblé si exquise, Noris ! Où diable avait-elle pris ces prunelles-là ? Lasse et les traits battus, tout à fait jolie avec sa pâleur mate et l'expression hagarde de ses yeux, elle excitait chez le prince des convoitises plus ardentes. En remontant dans son coupé, il se reprochait tout aussitôt, non pas comme une action égoïste, comme un manque de générosité, mais comme une bêtise pure et simple, de n'avoir pas été avec Noris plus chaleureux, de n'avoir point, par exemple, promis une protection, à tout hasard. ”
Jean Racine,
La Thébaïde ou les Frères ennemis
“ Néron Dans mon appartement qu'il m'attende avec vous. Scène IV Néron, Narcisse Narcisse Seigneur, j'ai tout prévu pour une mort si juste. Le poison est tout prêt. La fameuse Locuste A redoublé pour moi ses soins officieux: Elle a fait expirer un esclave à mes yeux; Et le fer est moins prompt pour trancher une vie Que le nouveau poison que sa main me confie.Néron Narcisse, c'est assez; je reconnais ce soin, Et ne souhaite pas que vous alliez plus loin.Narcisse Quoi? pour Britannicus votre haine affaiblie Me défend...Néron Oui, Narcisse: on nous réconcilie. ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ René, et lui, enhardi par ce mot qu'il venait de prononcer, presque malgré lui, s'approchait toujours, serrait dans ses mains les mains de Noris, et, baissant encore la voix, dans un murmure, à l'oreille de la jeune fille que ses lèvres, à lui, caressaient presque d'un baiser : – C'est moi qui vous aimerai toute ma vie, Noris !... Vous êtes si jolie et si bonne !... Vous méritez tant d'être aimée. ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ Morte chez René, emportée, endormie dans quelque coin de terre, sous des fleurs, quelle volupté profonde !. Ou bien honnête, mariée, heureuse, comme cette paysanne de Suresnes dont l'image, depuis un an, ne la quitte plus ! – Suzanne Lestrade ! Et parfois, Noris essaie de souffleter, par une ironie, le souvenir de la rosière : – Bah ! Elle a maintenant un enfant, et, quand il rentre titubant du cabaret, son mari, le soldat, l'insulte et la bat ! Mais non : pourquoi ce brave garçon serait-il un rustre ? ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ René, attendant, regardait autour de lui toutes choses, les statuettes de Saxe et de Tanagra, les japonaiseries, et s'arrêtait sur une tète de femme juive ou turque, aux sequins d'or collés au front, qui vaguement lui rappelait Noris. Il lui semblait qu'il avait vu ça, jadis. Mais les peintures se ressemblent toutes ! ”
Jean Racine,
La Thébaïde ou les Frères ennemis
“ Néron, l'ingrat Néron... Mais voici son rival. Scène V Britannicus, Agrippine, Narcisse, Albine Britannicus Nos ennemis communs ne sont pas invincibles, Madame, nos malheurs trouvent des cœurs sensibles. Vos amis et les miens, jusqu'alors si secrets, Tandis que nous perdions le temps en vains regrets, Animés du courroux qu'allume l'injustice, Viennent de confier leur douleur à Narcisse. Néron n'est pas encor tranquille possesseur De l'ingrate qu'il aime au mépris de ma sœur. Si vous êtes toujours sensible à son injure, On peut dans son devoir ramener le parjure. ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ Et Raymond ajoutait une pièce blanche. – Ça, cette fois, c'est le prix de tes fleurs ! Ils laissèrent là, regardant toujours, tournant et retournant sa pièce d'or, la petite fille et, en reprenant les allées qui menaient à Versailles, ils parlaient de cette enfant, qui faisait déjà, errante et battue, l'apprentissage de l'existence ! – C'est décidément moins gai qu'une opérette, la vie ! dit Noris. Puis, regardant son bouquet, le bouquet de violettes : – Mais il y a des journées de joie qui font tout passer et tout oublier, dit-elle. ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ « Oh ! il ne faut pas leur dire cela, aux enfants, ils sont déjà assez insupportables, » demanda à Noris : – Si madame la comtesse me demande le nom de madame ? La gouvernante attendait, souriante, obséquieusee : – Mon nom ?... Mademoiselle Féraud, dit Noris, qui s'éloigna. Il lui venait une idée en partant, une idée navrante, c'est que, tandis que le petit Charley – « Monsieur le comte », comme disait la gouvernante, – était là au parc Mon eau, peut-être, – pourquoi pas ? – eh ! oui, la comtesse était près de là, avenue Van Dyck, chez Chantenay !. ”
Jules Claretie,
Noris : moeurs du jour
(1883)
“ Raymond regarda, pendant toute cette visite, Noris Féraud avec une expression presque attristée, qu'elle prit tout simplement pour un intérêt amical, et qui était mieux que cela : la sensation profonde et comme le pressentiment d'une souffrance inévitable. Il comparait instinctivement, portant ses yeux francs de René à Noris, ces deux êtres de chair et d'os, si différents l'un de l'autre, si peu pétris pour se comprendre, et que la vie ou le hasard avait réunis pourtant, mettant la candeur et la crédulité de la vierge à portée de l'audace ou de l'habileté du blasé. ”
