Jean Moréas

Jean Moréas

Résumé

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Trois contes

En entendant cela, Octave, malgré son courage, devint tout effrayé, tellement qu’il n’avait plus un cheveu qui ne fût dressé sur sa tête. Quant au chevalier, il courut l’épée haute sus à la misérable jeune femme qui était à genoux et solidement tenue par les deux chiens. Il lui porta de toute sa force un grand coup qui la perça de part en part. Elle tomba la face contre terre, et lui, pendant qu’elle pleurait et criait, l’ouvrit par les reins et lui arracha, comme il l’avait dit, le cœur qu’il jeta aux chiens, lesquels le mangèrent de grand appétit.
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Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Trois contes

Et quand il s’est senti tenu par l’Amour comme un oiseau qui s’est englué les ailes, il délibéra d’enlever la belle Ginevra, et il découvrit son dessein à son confident, le comte Guido, qui lui répondit, en seigneur sage et vertueux :
— Je m’étonne, Sire, de vous entendre parler ainsi, car je vous connais mieux que tout autre, et depuis votre enfance. Quelle trahison méditez-vous ?
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Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Trois contes

Alors Monna Jeanne, se souvenant de l’honnête Frédéric, qui l’avait tant aimée, et qui avait tué son beau faucon pour la traiter, dit un jour à ses frères :
— Je continuerais volontiers à rester veuve : mais, si vous désirez tant que je prenne un second mari, sachez que je prendrai Frédéric Alberighi et pas un autre.
À cela ses frères répondirent en raillant :
— Sotte, qu’est-ce que tu dis ? Depuis longtemps Frédéric n’a plus ni sou ni maille.
— Je le sais bien, fit-elle, mais j’aime mieux un homme ayant besoin de richesses, que des richesses ayant besoin d’un homme.
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