Benjamin Asperling de Rarogne

Résumé

Benjamin Asperling de Rarogne Traitté du jeu royal des échets

Un fou vaut bien un chevalier, & un chevalier vaut bien un fou. Les fous sont meilleurs en ce qu’ils frappent plus loing : ils gardent mieux les pions, et les conduisent mieux à dame. En ce qu’avec un pion derriere le fou, on serre le passage à la dame & à la Tour. Enfin ils sont meilleurs en ce qu’avec deux fous et le Roy l’on peut facillement donner échec & mat au Roy seul, ce qui est impossible avec deux chevaliers, à moins que le Roy seul n’épargne les dits chevaliers quand ils sont en prise, ou ne se laisse volontairement acculer.
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Benjamin Asperling de Rarogne Traitté du jeu royal des échets

En ce qu’un chevalier peut aller par toutes les cazes du jeu tant blanches que noires, ce que le fou ne sçauroit faire. En ce que le chevalier peut mettre en prise plus de pieces à la fois que le fou. Enfin le chevalier est meilleur en ce que si les jeux sont égaux de pions, & qu’il y ait d’un côté un fou, & de l’autre un chevalier : le jeu du chevalier ayant ses pions en caze ou le fou ne peut aller, aura grand avantage sur l’autre. La force de ces raisons contrepesées, fait que l’on à toûjours également estimé ces deux pieces.
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Benjamin Asperling de Rarogne Traitté du jeu royal des échets

Les Tours ou Rocs marchent en croizant l’Echiquier, avancent & reculent en ligne droite autant qu’elles veulent, & prenent ce qui se trouve à leur passage, lors qu’il ny a aucune de leurs pieces entre-deux. Ainsi les Tours sont tantôt sur le blanc, tantôt sur le noir, avantage que les fous n’ont point. Les Tours ont encore un avantage tout particulier ; c’est que si elles n’ont point bougé de leur place ; lors que le Roy fait son saut dans la ligne des pieces nobles, on peut en même temps & d’un seul coup les joindre au Roy de l’autre côté, ce qui s’appelle rocquer.
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