Félicien Champsaur

Félicien Champsaur

Résumé

Portrait de Félicien Champsaur Félicien Champsaur Pierrot et sa Conscience

As-tu oublié, Pierrot, Musette la blonde qui te chérit au Quartier-Latin ? En fermant les yeux, revois-tu Zerbinette que tu rencontras, un soir de bal à l’Opéra, rue Le Peletier, alors, Zerbinette que tu adoras tout un été ? Vous aimiez les parties en bateau, par le gai soleil, sur la Marne. Tandis qu’assise à la proue, elle laissait, les jambes pendantes, traîner au fil de l’eau ses pieds nus, tu improvisais pour elle un poème en terza rima :
Belle, tes bras sont blancs, ton rire est argentin.
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Portrait de Félicien Champsaur Félicien Champsaur Pierrot et sa Conscience

Une valse susurrait, — mi, mi, do, do, mi, mi, — dans le petit local de joie si mélancolique maintenant, ses bercements langoureux.
Alors, doucement, la Conscience, doucement vint vers Pierrot, qui était triste, si triste, prêt à pleurer, et qui n’osait lever les yeux sur elle, que — sans pitié — il avait chassée pour plaire à cette femme, si vite disparue ; et, sœur consolatrice, elle lui dit doucement :
— Le désir vaut mieux que tout.
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Portrait de Félicien Champsaur Félicien Champsaur Pierrot et sa Conscience

Mais les habits noirs commençaient à s’évader. — Cependant, les trente messieurs en or, au complet, toujours en monôme, suivis des femmes, en domino, en toilette de bal, en maillot, rassemblées, en monôme aussi, derrière le leur,
par l’omnipotence de l’or,
faisaient le tour de l’orchestre de Fahrbach, qui jouait la valse populaire du maëstro, — Tout à la joie, — lorsqu’un des derniers habits noirs, mettant à sa bouche ses mains gantées, cria, du haut de l’escalier, parmi le défilé pittoresque s’en allant :
« — Qui veut souper avec Un qui s’embête à mort ? »
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