Jean Giraudoux,
Promenade avec Gabrielle
“ Assise dos au chauffeur, Frauken, notre chaperon, qui allait, pauvre Frauken, droit derrière elle, et qui pensait, voulut enfin dire cette pensée :— Quel soleil !J’éclatai de rire. Gabrielle m’imita. Nous regardions, moqueurs, Frauken interloquée. Nous employions notre plus dévouée malice à intimider ce visage que l’âge et les malheurs les plus affreux, — un fiancé voilà trente ans brûlé vif, un père écrasé par un marteau pilon, — avaient laissé insignifiant. Puis, se détournant de Frauken, nos yeux se rencontrèrent. Des yeux éclatants, miroitants. ”
