Résumé

Portrait de Émile Augier Émile Augier Gabrielle : comédie en cinq actes et en vers (1850)

GABRIELLE.
Vous pleurez?
JULIEN.
Moi! non pas.
GABRIELLE.
Ce n'est pas un affront; Tu pleures.
JULIEN.
C'est que j'ai dans l'œil un moucheron.
GABRIELLE.
Et pourquoi rougis-lu de ta bonté, pauvre homme?
Nous ne sommes pas gens de Sparte ni de Home Pour faire à la nature un si farouche accueil.
JULIEN.
Mais j'ai tout bonnement une mouche dans l'œil, Te dis-je. Si c'était faiblesse paternelle, (A Camille.) Je l'avoùrais. — Allez jouer, mademoiselle.
(Camille sort.)
SCÈNE V.
GABRIELLE, JULIEN.
GABRIELLE.
Ces larmes m'auraient plu sortant de votre cœur.
Source : Gallica

Portrait de Émile Augier Émile Augier Gabrielle : comédie en cinq actes et en vers (1850)

Quel ennui ! — Pauvre femme, as-tu donc des ennuis ?
GABRIELLE.
J'en ai. — Si tu savais dans quel vide je suis, Dans quel désœuvrement et quelle solitude!
Tout me manque à la fois, tout, jusqu'à l'habitude, Ce triste bonheur fait de paresse et d'oubli Où j'ai cru quelque temps mon cœur enseveli.
Ah ! pourquoi sommes-nous venus à la campagne !
C'est le réveil des cieux et des champs qui me gagne; C'est le tiède printemps, c'est la verte saison Qui m'ont mis cette sève au cœur, — ou ce poison!
Je sens dans ma poitrine une fureur de vivre, Une rébellion qui m'effraie et m'enivre
Source : Gallica

Portrait de Émile Augier Émile Augier Gabrielle : comédie en cinq actes et en vers (1850)

GABRIELLE.
Ne parle pas si haut.
ADRIENNE.
Ma fille! oui, c'est le mot, car je te parle en mère.
Écarte de ton cœur cette folle chimère; Ne t'abandonne pas en aveugle au danger.
C'est ton mari qui t'aime et non cet étranger!
Tu n'es qu'un passe-temps pour l'un, si par miracle Tu ne lui deviens pas un péril, un obstacle; L'autre respecte en toi l'intime compagnon Qui garde ses enfants, sa fortune et son nom ; C'est le seul dont l'amour soit certain, car il t'aime Peut-être encore moins pour toi que pour lui-même
Source : Gallica

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