Résumé

Portrait de Philippe Quinault Philippe Quinault La Mère Coquette ou les Amants brouillés

ISABELLE Mais dans ma mère enfin que peut-il voir d'aimable ?
LAURETTE Beaucoup d'argent comptant, un bien considérable,
C'est un charme bien doux aux yeux de bien des gens.
Vous ne serez en âge encor de très longtemps;
Votre père étant mort, tout est en sa puissance :
Comme je vous l'ai dit, elle en a l'assurance;
Et, de l'humeur qu'elle est, vous devez peu douter
Qu'un jeune époux s'offrant n'ait de quoi la tenter.
ISABELLE Le soin qu'elle a de plaire et de cacher son âge
M'a bien fait prévoir d'elle un second mariage;
Mais voir mon amant même en devenir l'époux !
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Portrait de Philippe Quinault Philippe Quinault La Mère Coquette ou les Amants brouillés

ACANTE L'ingrate ! Ah ! Si jamais cette fille sans foi
Pouvoir écrire ainsi, devait-ce être qu'à moi ?
Encor si mon rival avait quelque mérite !
Mais que pour le marquis Isabelle me quitte.
Que son esprit volage, ébloui d'un faux jour.
S'égare jusqu'au choix d'un si honteux amour...
LAURETTE D'ordinaire en amour, Monsieur, l'esprit s'égare,
Et le goût d'une fille est quelquefois bizarre :
Souvent le vrai mérite, avec tous ses appas,
Lui plaît moins que l'éclat, le faste, et le fracas :
Un marquisat enfin est un charme admirable.
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Portrait de Philippe Quinault Philippe Quinault La Mère Coquette ou les Amants brouillés

CRÉMANTE Je l'ai trouvé pour moi plus propre que pour vous.
ACANTE Vous oublieriez ainsi la parole donnée ?
CRÉMANTE Isabelle, il est vrai, vous était destinée :
Jadis son père et moi, comme amis dès longtemps,
Nous nous étions promis d'unir nos deux enfants.
S'il était revenu, vous auriez eu sa fille ;
Mais sa mort change enfin l'état de sa famille,
Et pour plusieurs raisons je trouve qu'en effet.
Tout bien considéré, ce n'est pas votre fait.
Sa veuve l'est bien mieux : vous aimez la dépense;
Isabelle pour dot n'a qu'un peu d'espérance
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