Pigault-Lebrun

Pigault-Lebrun

Résumé

Portrait de Pigault-Lebrun Pigault-Lebrun L'amour et la raison

Mondor est contre moi, vous êtes contre moi, tout l'univers est contre moi, il ne me reste que Marton, et vous voulez vous en défaire! Eh bien! Madame, congédiez-la, je la prendrai à mon service.
HORTENSE. Oui, je vous le conseille, cela serait charmant.
AUGUSTE. Votre Mondor me déplaît à un point... je le hais, au moins, je vous en avertis; je le tuerai... Oh! je le tuerai.
HORTENSE. Parlons raison, mon enfant.
AUGUSTE. Il n'y a raison qui tienne, c'est dit, je le tuerai.
HORTENSE. Monsieur, il a droit à vos respects.
AUGUSTE. Je n'ai jamais appris à respecter un rival.
Source : Gutenberg

Portrait de Pigault-Lebrun Pigault-Lebrun L'amour et la raison

MONDOR. Il ne s'agit pas de mon opinion, Madame; c'est de votre bonheur futur qu'il faut nous occuper: j'ai cinquante ans, je ne suis pas beau, et j'ai des défauts tout comme un autre.
HORTENSE. J'ai aussi les miens, Monsieur, et si vous exigez une épouse parfaite...
MONDOR. De la perfection, Madame, il n'en existe point. Vous avez des défauts moins sensibles, sans doute, en ce qu'ils sont cachés sous les grâces de la jeunesse. N'importe: un homme raisonnable, sans déifier les faiblesses de l'objet aimé, sait au moins fermer les yeux sur celles qui ne tirent point à conséquence.
Source : Gutenberg

Portrait de Pigault-Lebrun Pigault-Lebrun L'amour et la raison

MONDOR. Mais Hortense ne vous aime pas, n'est-il pas vrai, elle ne vous aime pas? Prenez garde, Monsieur, qu'un mot hasardé peut nuire à la réputation d'une femme estimable.
AUGUSTE. Eh! Monsieur, que me demandez-vous? Je vais vous dévoiler mon ame, vous y lirez comme moi. Qu'importe que je sois aimé d'Hortense, que vous importent ses sentimens secrets, puisque vous connaissez sa vertu? Mais, Monsieur, c'est à la dernière extrémité que je vous implore. A votre âge, on surmonte l'amour: au mien, c'est un poison qui brûle, qui dévore.
Source : Gutenberg

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