Pierre de Marivaux,
Le Jeu de l'amour et du :hazard…
(1730)
“ DORANTE. Reste, ce n'est plus Bourguignon qui te parle. SILVIA. Eh ! qui es-tu donc ? DORANTE. Ah ! Lisette ! c'est ici où tu vas juger des peines qu'a dû ressentir mon coeur. SILVIA. Ce n'est pas à ton coeur à qui je parle, c'est à toi. DORANTE. Personne ne vient-il ? SILVIA. Non. DORANTE. L'état où sont les choses me force à te le dire ; je suis trop honnête homme pour n'en pas arrêter le cours. SILVIA. Soit. DORANTE. Sache que celui qui est avec ta maîtresse n'est pas ce qu'on pense. SILVIA, vivement. Qui est-il donc ? DORANTE. Un valet. ”
