François Coppée,
Œuvres complètes de François Coppée
“ SILVIA, seule Silvia, en déshabillé blanc, est accoudée sur la rampe de pierre sculptée de la terrasse & contemple, rêveuse, le paysage. Que l’amour soit maudit ! Je ne puis plus pleurer. Elle descend lentement la pente douce. J’ai passé ma jeunesse à me faire adorer, Je suis la froide & méchante souveraine. Tous, ils baisent ma main comme une main de reine, Humbles, sans que jamais, par un frisson vainqueur, La chaleur du baiser m’ait monté jusqu’au cœur. Qui le croirait pourtant ? La Silvia s’ennuie. Et toujours cet azur banal ! ”
