Auteur : Jean Dornis

Élements biographiques

Auteur : Jean Dornis Revue des Deux Mondes

Il est si évident que la pièce devait être cherchée, en action et en vérité, du côté des tendresses de Paolo et de Françoise, et non du côté des beautés exactes de la mise en scène et de la vérité archéologique, que la tragédie, languissante jusque-là, prend feu, elle aussi, dès que l’action se développe sur son terrain véritable, dès que l’amour de Françoise fait connaissance avec l’amour de Paolo, dès que l’occasion leur est enfin donnée d’évoquer le passé, de jouir et de souffrir du présent, de rêver leurs espérances, d’en mourir.
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Auteur : Jean Dornis Revue des Deux Mondes

La douleur des autres finit par lui être nécessaire, — non point seulement le tourment psychologique de cette femme qu’il torture avec une pointe de délices dans l’escalier de la « Villa Chigi, » — mais la souffrance physique elle-même, la blessure qui saigne, et qui contraint le poète voluptueux, épuisé de sa volupté, à frôler parfois de l’aile les inquiétudes du sadisme. Tout le lyrisme, toute l’exaltation de M. d’Annunzio, n’empêchent pas que le spectateur sente constamment cette pointe aiguë sous les fleurs, et qu’il ne flaire le ver dans tous les fruits qu’on lui tend.
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Auteur : Jean Dornis Revue des Deux Mondes

Il y a impossibilité physique à ce que les choses se passent comme M. d’Annunzio les raconte. Le spectateur le sent, et, comme rien ne l’a averti qu’il s’agit d’un symbole, et qu’il n’est pas venu au théâtre pour voir un symbole, — toujours invisible, — mais des acteurs qui « jouent » une pièce, il reste mal à son aise. L’effet ne porte point. Ce qui bouleverse à la lecture, où une indication suffit à avertir le lecteur, et où toute fantaisie, toute illusion, sont acceptées si l’auteur a le génie d’imposer sa volonté, laisse, à la scène, le public indécis et déçu.
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