Résumé

Carlo Goldoni Les chefs d’œuvres dramatiques…

La Comtesse. Ah ! Monsieur ! permettez-moi de vous dire que votre aspect n’a rien de désagréable pour moi, et que votre vertu m’enchante. Comment ! il existe un cœur capable, pour rendre hommage à la vérité, de se déprécier lui-même, en présence de ce qu’il aime ! tant de vertus, une si parfaite sincérité, méritent mon estime, mon respect et mon amour. En vous supposant colère, vous ne pourriez l’être qu’avec raison ; jaloux, ce ne serait jamais sans fondement. Quant au goût de la société et de l’étude, vos occupations seront toujours aussi estimables que vos liaisons.
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Carlo Goldoni Les chefs d’œuvres dramatiques…

J’ai des parens à Milan, qui, convaincus par la force de mes raisons, me plaignent sincèrement : eh bien ! pour m’ôter l’espoir de toute espèce de secours, mon père veut me conduire à Turin, me placer auprès de sa sœur qui a fait ce malheureux contrat ; et que l’époux futur me plaise ou me déplaise, il prétend me contraindre à m’enchaîner avec lui d’un nœud éternel. Je n’ai pu m’opposer à ce départ aussi subit qu’imprévu. Je me laisse conduire à Turin, mais résolue et très-résolue à protester de mon aversion, si je me sens de l’éloignement pour l’époux qu’on me destine.
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Carlo Goldoni Les chefs d’œuvres dramatiques…

Le Marquis. Comment donc ! un militaire n’ose braver ni la poussière, ni l’ardeur du soleil ?
Le Lieutenant. Si les devoirs de mon état m’y obligeaient, je le ferais volontiers : mais la nature nous apprend à fuir, quand on le peut, tout ce qui incommode. Je me mets à votre place, mon cher ; je sens bien que le désir de voir votre épouse vous aiguillonne un peu : il faut cependant aussi avoir pitié de votre ami.
Le Marquis. Oui, oui, je vous entends. C’est l’occasion de dîner avec une jolie femme qui vous rend la chaleur et la poussière si redoutables aujourd’hui.
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