Jeanne-Marie Leprince de Beaumont,
De la Noix et Marianne, ou Recette pour les Dames qui ont des maris infidels
“ Madame de la Noix le remercia d’avoir évité un éclat ; et, s’étant transportée au lieu où était Marianne, elle a fit porter chez elle. On la mit au lit, avant qu’elle pût reprendre ses esprits. Jugez de sa surprise, lorsqu’elle se vit entre les mains de sa rivale, mais d’une rivale qui la mit tout d’un coup à son aise. Rassurez-vous, mademoiselle, lui dit madame de la Noix : vous êtes avec une amie qui partage vos peines, et qui est bien éloignée de chercher à les aggraver : je connais le mérite de mon époux, et je sais ce qu’il doit vous en coûter pour l’arracher de votre cœur ”
