Jean Giraudoux,
Retour d’Alsace, août 1914
“ Nous gagnons une prairie isolée, d’où l’on ne voit plus le chœur gothique de l’église, où nous jouissons d’une Alsace pure de nostalgie, de souvenirs, près d’un ruisseau qui coule ; à l’ombre d’un vergne que le vent agite. Nous ne voyons que des génisses, un chien, des faneurs ; nous ne voulons prendre de l’Alsace que ce que nous aurions pris, par un semblable jour d’été, au Berry, au Nivernais, un peu de chaleur, et, pour notre tête, un peu d’ombre. Vainqueurs modestes que nous sommes, nous ne regardons point le soleil en face. ”
