Jean de La Ville de Mirmont

Jean de La Ville de Mirmont

Résumé

Portrait de Jean de La Ville de Mirmont Jean de La Ville de Mirmont Lettres de guerre de Jean de La Ville de Mirmont… (1917)

Bien que nous restions toujours en première ligne, les Boches nous laissent un peu de répit.
Ils sont tout près, dans une tranchée en face de la nôtre. Nous nous guignons du coin de l'œil et tiraillons un peu, sans nous causer grand mal de part et d'autre. Cette guerre lente et sans musique ne ressemble guère aux gravures des calendriers, non plus qu'aux tableaux de feu M. Detaille. Elle est triste et ennuyeuse à mourir, d'une platitude désespérante jusqu'au moment où la grosse artillerie s'en mêle et alors cela devient infernal au vrai sens du mot
Source : Gallica

Portrait de Jean de La Ville de Mirmont Jean de La Ville de Mirmont Lettres de guerre de Jean de La Ville de Mirmont… (1917)

Cette héroïque Belgique a stupéfié tout le monde. Elle n'avait qu'à laisser passer, avec un semblant de résistance, pour la forme, et l'Allemagne la laissait tranquille, et la bataille avait lieu chez nous. Par fierté et pour défendre le droit, elle livre combat à une armée bien supérieure à la sienne au risque de se voir anéantir et annexer si les Prussiens sont vainqueurs plus tard ; elle résiste d'une manière admirable, extraordinaire, autour des forts démodés de Liège. Ce sera fort beau à lire dans cent ans, dans les livres d'histoire.
Source : Gallica

Portrait de Jean de La Ville de Mirmont Jean de La Ville de Mirmont Lettres de guerre de Jean de La Ville de Mirmont… (1917)

Je vais écrire à Suzanne et à ses filles dont les lettres m'ont bien amusé. Le « tonton » qui couche sur la terre ne les oublie pas. Que ne va-t-il dans la forêt noire leur chercher de beaux joujoux? Mais cette guerre n'est pas une promenade militaire. On ne voit l'ennemi que sous forme de cadavres, de blessés ou de prisonniers.
Tu n'imaginerais pas l'être sauvage et rude que je suis devenu après un mois de campagne.
Couvert de boue, mangeant indifféremment avec
les doigts du sucre ou de la graisse de cochon, barbu comme un gorille.
Source : Gallica

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